Les récentes déclarations d’Emmanuel Macron sur les retraits militaires français en Afrique suscitent une vive controverse. Le Sénégal et le Tchad rejettent fermement ses propos, les qualifiant d’erronés et méprisants. Ces tensions marquent une nouvelle étape dans la réévaluation des relations franco-africaines.
Le Sénégal revendique sa souveraineté sans négociation
Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a réagi avec virulence aux propos d’Emmanuel Macron sur le retrait des troupes françaises. Selon le président français, des négociations auraient eu lieu pour organiser ce départ. Une affirmation que Dakar réfute catégoriquement. Ousmane Sonko a déclaré qu’aucune discussion ou consultation n’a été menée à ce sujet. Selon lui, cette décision découle exclusivement de la volonté souveraine du Sénégal.
Cette prise de position s’inscrit dans une logique de rupture claire avec les partenariats militaires hérités de l’époque coloniale. Pour Sonko, la France n’est pas indispensable à la sécurité africaine. Il a même affirmé que l’ingérence française a souvent eu des conséquences néfastes, citant en exemple la crise libyenne qui a déstabilisé toute la région du Sahel. Ces propos témoignent de la volonté du Sénégal de tracer sa propre voie en matière de défense.
Le Tchad fustige une « attitude méprisante » de la France
De son côté, le Tchad a également exprimé son indignation face aux déclarations d’Emmanuel Macron. Le ministre des Affaires étrangères, Abderaman Koulamallah, a dénoncé une « attitude méprisante » envers l’Afrique. Selon lui, ces propos minimisent les sacrifices historiques du continent, notamment durant les deux guerres mondiales, où des milliers d’Africains ont combattu pour la France.
Le Tchad, qui a décidé fin 2023 de mettre fin à ses accords de défense avec Paris, dénonce également l’impact limité de la présence militaire française sur son développement. Le gouvernement tchadien appelle Paris à respecter les décisions souveraines du peuple tchadien. Dans ce contexte, le retrait des forces françaises progresse : après la fermeture de la base de Faya-Largeau, celle d’Abéché sera abandonnée d’ici au 11 janvier, pour un départ total prévu le 31 janvier.









Je crains que le Premier Ministre Sénégalais se soit mépris sur le propos du Président Macron selon lequel « des négociations auraient eu lieu pour organiser ce départ ». Il ne s’agissait pas de « négocier ce départ » mais bien de l’organiser (c’est à dire en planifier les étapes). Cette planification était bien entendu indispensable pour nos Forces et il était normal de la faire partager par le pays hôte.