Le 24 août 2025, Israël a confirmé l’organisation d’une opération visant à utiliser l’influenceur comme acteur central de sa communication. Dans un contexte où l’ONU a déclaré la famine à Gaza, le gouvernement israélien a choisi d’ouvrir les portes des entrepôts humanitaires à des créateurs de contenu étrangers, tout en maintenant les restrictions d’accès aux journalistes. La bataille pour l’opinion publique se gagne désormais sur TikTok et Instagram selon Israël qui est clairement en train de perdre ce combat face aux accusations liées à son opération militaire.
Israël : l’influenceur au cœur d’une nouvelle propagande sur Gaza
Selon Adnkronos, dix créateurs de contenu ont été emmenés par le ministère israélien des Affaires de la Diaspora dans la bande de Gaza. Leur mission : filmer des distributions de vivres et répéter que « la nourriture est disponible en abondance ». L’objectif est clair : tenter de faire changer la perception de ce qui se passe à Gaza. Car le discours est directement en contradiction avec le rapport de l’Integrated Food Security Phase Classification, qui a classé Gaza City en état de famine le 23 août 2025, rappelle The Guardian.
Sur Instagram, chaque vidéo sponsorisée génère des centaines de milliers de vues. The New Arab a observé que ces contenus ont été publiés en parallèle de la confirmation officielle de la famine par les Nations unies, créant un choc narratif. Le porte-parole israélien a déclaré que cette campagne visait à « démasquer les mensonges de nos ennemis et montrer la vérité ». Et ce n’est pas la première fois qu’Israël tente de ce faire. Nous avions identifié une grosse campagne d’influence sur Youtube, en particulier concernant le court conflit entre l’État juif et l’Iran.
150 millions de dollars pour la communication israélienne
L’usage de l’influenceur par Israël ne relève pas de l’improvisation. Le Times of Israel a révélé que le gouvernement a augmenté son budget de communication extérieure de 150 millions de dollars pour 2025. Une partie de cette somme finance des opérations numériques, avec une priorité donnée à la diplomatie d’influence. À titre de comparaison, le budget total de communication extérieure israélienne en 2023 était inférieur à 70 millions de dollars.
Parallèlement, le ministère des Affaires étrangères a sponsorisé des voyages d’influenceurs américains proches du mouvement MAGA, via l’ONG Israel365. Haaretz a détaillé l’objectif : regagner la confiance des jeunes Républicains américains, un électorat jugé stratégique pour maintenir l’aide militaire et diplomatique. Selon Axios, seize influenceurs conservateurs ont ainsi participé à un voyage officiel en Israël, avec des briefings et des visites de colonies en Cisjordanie.
L’influenceur pour créer une réalité alternative
L’influenceur ne se contente pas de montrer des images, il produit une vérité alternative. +972 Magazine a révélé l’existence d’une cellule militaire baptisée « legitimisation cell », chargée de discréditer les journalistes gazaouis en les associant publiquement au Hamas.
La propagande d’Israël repose donc sur une double mécanique : d’un côté, l’influenceur qui valide visuellement l’absence de famine ; de l’autre, la cellule qui attaque la réputation de ceux qui contestent cette narration. Ainsi, plusieurs reporters palestiniens ont été publiquement accusés de collaboration avec le Hamas sans preuves solides.
Cette approche soulève une question : l’influenceur agit-il comme un acteur civil indépendant ou comme un agent intégré à une opération psychologique militaire ? Le recours systématique à des tournées sponsorisées et à des contenus encadrés laisse peu de place au doute. Selon The Guardian, « la déclaration de famine est désormais un fait reconnu, mais Israël tente de la contester sur le terrain de la perception ». A l’heure où la guerre se joue également sur les réseaux sociaux, l’influenceur devient un instrument de guerre informationnelle au service d’un État.








