La Belgique s’apprête à franchir un nouveau cap dans sa stratégie militaire avec l’achat de 21 avions de combat F-35 supplémentaires. Cette décision, encore en discussion au sein du gouvernement, vise à répondre aux standards fixés par l’OTAN tout en modernisant les capacités opérationnelles du pays. Un virage assumé, bien que contesté, dans un contexte géopolitique tendu.
La Belgique opte pour une stratégie militaire ambitieuse et coûteuse
La Belgique a entamé un virage résolu vers le renforcement de ses capacités militaires. D’ici 2035, un plan de modernisation prévoit des investissements estimés à 36 milliards d’euros. Parmi les projets phares figure l’extension de la flotte de F-35, avec l’ajout de 21 appareils aux 34 déjà commandés en 2018. Cette évolution place le pays dans le sillage de partenaires européens comme le Royaume-Uni et l’Allemagne, eux aussi tournés vers ce modèle d’avion furtif de cinquième génération.
Au-delà des F-35, le plan inclut l’achat de matériel complémentaire : une troisième frégate, des batteries de missiles sol-air et des drones supplémentaires. Ces équipements sont conçus pour couvrir un large spectre d’opérations, de la surveillance au combat, en réponse aux nouvelles formes de menaces. Le ministère de la Défense entend ainsi porter les dépenses à 2% du PIB d’ici 2025, seuil fixé par l’OTAN pour ses membres.

Avec le F-35, des critiques persistantes sur la dépendance américaine
Malgré l’ampleur de cette modernisation, le choix du F-35 suscite des interrogations. La dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis reste un point sensible. Le fonctionnement des avions, notamment leur maintenance et leur mise à jour logicielle, repose en grande partie sur les infrastructures américaines. Dans un contexte où Washington revoit ses priorités stratégiques vis-à-vis de l’Europe, cette dépendance soulève des inquiétudes.
Pour rassurer, l’exécutif belge évoque la possibilité d’assembler ou de maintenir certains avions en Italie, une option qui permettrait de réduire la vulnérabilité logistique. Le ministre de la Défense, Théo Francken, semble encline à répondre favorablement aux attentes de l’OTAN, qui devrait formuler une demande formelle lors du sommet de juin à La Haye. Même si le gouvernement n’a pas encore arrêté sa décision finale, l’orientation est claire : la Belgique veut rester un partenaire crédible dans le cadre de l’Alliance atlantique.








