La guerre en Ukraine continue d’avoir des répercussions sur l’Europe. Plusieurs drones supposés russes viennent d’être détectés au-dessus d’un centre de recherche de l’UE en Italie. La zone est pourtant interdite au vol. Des soupçons d’espionnage pèsent sur cette manœuvre.
Des drones détectés au-dessus de sites européens
Une nouvelle affaire de survol illégal par un drone non identifié secoue l’Italie et les institutions européennes. Le Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne, situé à Ispra, en Lombardie, en a été la cible à cinq reprises en moins d’une semaine. Les premiers éléments pointent vers une origine russe. Et ce n’est pas une première. Le cœur technologique de l’Union européenne a-t-il été observé par un œil mécanique venu de l’Est ? C’est ce que redoutent les autorités italiennes, après la détection de cinq survols distincts en l’espace de cinq à six jours, début mars 2025.
L’engin, non visible à l’œil nu, a été repéré par les capteurs électromagnétiques du Centre commun de recherche (JRC), une structure stratégique placée sous la tutelle de la Commission européenne. Ces capteurs, capables de scruter des fréquences radio spécifiques, ont identifié une signature propre aux technologies russes, selon un rapport de la police scientifique italienne.
Et ce n’est pas un hasard si Ispra attire ce type d’attention : ce complexe mène actuellement un projet européen de détection et de neutralisation de drones d’espionnage, tout en abritant des données classifiées liées à la cybersécurité et à la défense civile. En bref : une cible de choix.
Un espace aérien interdit, violé sans opposition
À Ispra, la zone de sécurité aérienne est pourtant classée no-fly zone, une restriction adoptée en raison de la présence d’infrastructures sensibles. À quelques kilomètres à peine, les usines du groupe Leonardo, géant italien de l’aéronautique et de la défense, développent des systèmes embarqués pour l’aviation militaire et les communications cryptées.
Selon plusieurs médias, le drone était probablement équipé de caméras thermiques, de dispositifs infrarouges et d’outils de cartographie 3D. Le tout dans un silence absolu. Le parquet de Milan vient d’ouvrir une enquête antiterroriste, mobilisant le pool de magistrats spécialisés. La police nationale, la Guardia di Finanza et les services de renseignement civil (AISI) sont sur les rangs. Pour l’heure, aucune revendication, aucun fragment de l’appareil, aucune preuve formelle n’a été retrouvée. Seulement une signature technique : russe.
Ce n’est pas la première fois que des drones d’origine russe sont repérés aux abords d’infrastructures européennes sensibles. Déjà en 2024, plusieurs cas suspects avaient été recensés près de bases militaires norvégiennes et de dépôts de gaz naturel en Allemagne.








