Désinformation : les USA n’aideront plus l’Europe contre Russie et Chine

En décidant de fermer le Global Engagement Center, les États-Unis affaiblissent le dispositif international de lutte contre les campagnes de désinformation hostiles. Un choix qui bouleverse l’équilibre de la guerre informationnelle et laisse les alliés face à un vide stratégique.

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Désinformation : les USA n’aideront plus l’Europe contre Russie et Chine © Armees.com

Le 8 septembre 2025, Washington a confirmé l’arrêt de la coopération contre la désinformation étrangère, jusque-là orchestrée par le Global Engagement Center (GEC). Cette décision, justifiée par l’exécutif américain au nom de la liberté d’expression, intervient alors que la guerre informationnelle menée par la Russie, la Chine et l’Iran redouble d’intensité.

Fin d’un centre stratégique de lutte contre la désinformation

Créé en 2016, le GEC disposait d’un budget d’environ 61 millions de dollars et comptait près de 120 employés, selon le Département d’État cité par l’AP News. Sa mission : analyser les narratifs hostiles, coordonner la réponse et partager ses conclusions avec les partenaires. Ce mandat a pris fin lorsque le Congrès a refusé de prolonger son financement en décembre 2024, entraînant la fermeture officielle en avril 2025. Reuters rappelle que le secrétaire d’État Marco Rubio a assumé cette décision, affirmant que « ces structures restreignaient le débat démocratique ».

Les critiques ne manquent pas. James Rubin, ancien coordinateur du GEC, estime que cette fermeture équivaut à « un désarmement unilatéral dans la guerre de l’information », relaye le Financial Times. Pour lui, l’arrêt d’un outil central prive les alliés européens et africains d’une alerte précoce face aux opérations numériques ennemies.

Une collaboration avec 22 pays interrompue

Avant sa disparition, le GEC avait signé des mémorandums d’entente avec vingt-deux pays d’Europe et d’Afrique, formant un réseau d’échange pour détecter rapidement les campagnes malveillantes. Le Financial Times précise que ce mécanisme a été interrompu, fragilisant la coordination transatlantique alors qu’il s’agissait d’identifier les réseaux de bots, de signaler les deepfakes et d’alerter les plateformes numériques pour réduire la propagation. L’Union européenne et les autres alliés auraient reçu début septembre la communication officielle.

La fermeture laisse désormais place à un vide. Le Washington Post notait déjà en mai 2025 que Moscou, Pékin et Téhéran exploitent déjà cette faille en amplifiant leurs opérations de propagande, parfois en ciblant les forces déployées à l’étranger. Les armées alliées, confrontées à une multiplication d’attaques informationnelles, perdent un appui logistique et diplomatique essentiel pour contrer l’influence adverse.

Sans le GEC, la réaction collective face à ces attaques se désorganise. Wired rappelle que le centre, même critiqué, produisait chaque année des dizaines de fiches analytiques, dont certaines ont permis de déjouer des narratifs hostiles en Afrique de l’Ouest. La fermeture fragilise la capacité de riposte coordonnée, une vulnérabilité immédiatement exploitable par les pays hostiles.

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