Le 3 septembre 2025, la Chine rendra hommage à la capitulation japonaise de 1945 lors d’un défilé militaire prévu sur la place Tian’anmen. Ce spectacle – à la fois commémoratif et stratégique – mettra en avant son armement dernier cri dans un contexte international tendu et hautement symbolique.
L’arsenal chinois sous les projecteurs du monde
À chaque parade militaire, la Chine cherche à faire plus spectaculaire que la précédente. Cette fois, la surprise ne réside pas seulement dans le faste, mais dans la qualité technologique des engins mobilisés. Parmi les nouveautés repérées lors des répétitions, un ensemble de missiles antinavires – YJ‑15, YJ‑17, YJ‑19 et YJ‑20 – intrigue. Ils sont désignés par l’acronyme « YJ » pour Ying Ji, qui signifie « attaque de l’aigle ». Certains analystes estiment qu’ils seraient capables d’évoluer à des vitesses hypersoniques – soit au‑delà de Mach 5.
La mise en scène comprendra aussi des engins sous‑marins autonomes. Il s’agirait de drones de grande dimension, conçus pour la surveillance ou l’offensive navale. Leur présence a été révélée par des images circulant en amont de l’événement.
Une sophistication invisible à l’œil nu
Mais c’est dans les capacités invisibles que la Chine semble avoir investi massivement. Des experts interrogés par Reuters évoquent des systèmes de guerre électronique avancés, capables d’interférer avec les communications ennemies ou de paralyser des radars à distance. Ces modules, embarqués sur des véhicules tactiques, seraient complémentaires d’armes à énergie dirigée – un secteur dans lequel Pékin multiplie les expérimentations.
Un véhicule rectangulaire camouflé aperçu lors des essais soulève les hypothèses les plus sérieuses : s’agirait‑il d’un laser antimissile, capable d’intercepter drones et projectiles à haute altitude ? Aucune confirmation n’a été émise par les autorités.
L’intégration de ces technologies révèle une ambition plus vaste : celle de conquérir la supériorité informationnelle, clé de voûte des conflits modernes.
L’espace stratégique : le ciel, le numérique… et le politique
Le défilé mettra également en scène le drone furtif FH‑97, déclaré prêt au combat. Il s’agit d’un appareil capable d’opérer de façon autonome, équipé de capteurs de guerre électronique, pouvant communiquer avec les avions de chasse J‑20 et J‑16. Il peut porter des charges utiles, effectuer du brouillage, ou conduire des reconnaissances en essaim.
Parallèlement, des missiles intercontinentaux (ICBM), mobiles et potentiellement nucléaires, seront présentés. Ils illustrent la stratégie de deuxième frappe chère à l’état-major chinois : garantir une capacité de riposte même après une attaque initiale. Les JL‑3, missiles balistiques lancés depuis des sous‑marins (SLBM), s’inscrivent dans cette logique.
La Chine ne cache pas que ce défilé vise à renforcer ses alliances stratégiques. Vladimir Poutine et Kim Jong‑un, présents aux côtés de Xi Jinping, symbolisent un axe politique alternatif aux blocs occidentaux traditionnels.
L’économie militaire sous tension
Selon un rapport de Reuters, le coût estimé de cette parade dépasse 36 milliards de yuans – soit environ 5 milliards d’euros –, un chiffre contesté par Pékin mais pointé du doigt par Taïwan comme excessif et provocateur. Ce budget représenterait environ 2 % du budget militaire annuel de la République populaire.
Dans un climat de tensions persistantes avec Washington, cette mobilisation budgétaire témoigne d’une volonté claire : ne laisser aucun doute sur la capacité de projection, de défense et d’attaque de la Chine.
Missiles hypersoniques, laser antimissile, drone furtif intelligent : la Chine déploie un arsenal aux contours futuristes, sous le regard de ses alliés comme de ses adversaires. Le message est clair, direct, et calibré pour être vu. Sur la place Tian’anmen, l’histoire sert la stratégie.








