Le 22 juin 2025, un modèle inédit d’avion à réaction a été observé au nord de la Chine
Depuis cette date, les images d’un engin massif, à mi-chemin entre hydravion, aéroglisseur et vaisseau de science-fiction, tournent en boucle dans les milieux spécialisés. Il s’agit d’un ekranoplan — appareil volant à très basse altitude grâce à l’effet de sol (WIG) — conçu par la Chine, selon les révélations de Naval News. Son architecture inédite, sa motorisation à réaction et sa coque amphibie le placent à la croisée de plusieurs catégories aéronavales.
Mais quel est l’objectif réel de cet engin hors norme ? Et pourquoi la Chine ravive-t-elle une technologie développée à l’origine par l’Union soviétique durant la guerre froide ?
Le retour du monstre marin : une résurrection chinoise de l’ekranoplan soviétique
Le surnom est déjà lancé : « Bohai Sea Monster ». Avec ses quatre moteurs à réaction surélevés, ses ailes courtes, son empennage en T et une double coque catamaran, ce nouvel appareil évoque directement le Lun soviétique, écranoplan armé de missiles, et le légendaire Caspian Sea Monster. Mais la comparaison s’arrête là.
Ce modèle chinois adopte une conception militaire contemporaine : il peut transporter du matériel lourd, déposer des troupes directement sur une plage ou ravitailler des garnisons d’île sans recourir aux ports. Sa propulsion par jet, inédite à cette échelle pour un avion amphibie, lui permet des pointes de vitesse tout en conservant une altitude de vol de quelques mètres.
Un atout stratégique pour des opérations de débarquement amphibie, en particulier dans les zones maritimes contestées de la mer de Chine méridionale.
Vers un drone-cargo amphibie ?
Outre le transport d’assaut, les experts évoquent des fonctions hybrides : recherche et sauvetage (SAR), transport logistique ou ravitaillement rapide de bases avancées. L’absence de hublots et la disposition des capteurs suggèrent également un pilotage à distance.
Ce « Monstre marin de Bohai » pourrait-il devenir un avion sans pilote ? Une sorte de drone-cargo autonome, à mi-chemin entre bateau, avion et robot amphibie ?
Plusieurs analystes militaires voient dans cette évolution un pendant au Liberty Lifter, développé par la DARPA aux États-Unis. Là où l’Amérique imagine une plateforme de fret à grande capacité, la Chine semble privilégier une flexibilité tactique orientée vers le transport de troupes et véhicules blindés.
Technologie aéronautique chinoise : ambitions décuplées
Ce projet ne surgit pas de nulle part. Il s’inscrit dans une série de projets chinois liés à l’aéronavale : l’AG600 Kunlong, énorme hydravion déjà certifié, ou les tests d’avions cargo sans équipage lancés depuis des plateformes navales. Il témoigne de la volonté de Pékin de diversifier sa flotte au-delà des avions classiques.
La forme, le camouflage, les équipements visibles indiquent que ce nouvel ekranoplan est en phase de test opérationnel. Pour Naval News, il ne s’agit pas d’un prototype isolé, mais d’une potentielle série.
La réhabilitation d’un fantasme soviétique ?
Longtemps reléguée aux archives de la guerre froide, la technologie des ekranoplans renaît. La Russie elle-même n’a pas réussi à maintenir ces appareils dans ses flottes. Leur vitesse, leur furtivité radar naturelle et leur capacité à échapper aux mines en font pourtant des engins uniques.
La Chine parviendra-t-elle là où l’Union soviétique a échoué ? Une chose est sûre : l’ekranoplan chinois n’est pas une lubie. C’est une pièce de plus dans le design militaire chinois, pensé pour contourner les lignes de défense conventionnelles et déployer rapidement une force amphibie.








