F-35I Adir : une plainte vise les exportations britanniques de composants vers Israël

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F-35I Adir : une plainte vise les exportations britanniques de composants vers Israël © Armees.com

Le 14 janvier 2025, un rapport publié par The Guardian a révélé que le gouvernement britannique poursuivait l’exportation de composants du F-35, en dépit des préoccupations croissantes concernant leur utilisation dans les attaques israéliennes à Gaza. Alors que Londres a suspendu certaines licences d’exportation d’armes, elle refuse catégoriquement d’inclure les pièces du F-35, invoquant des impératifs de sécurité nationale et d’engagements internationaux.

Des ONG comme Al-Haq et GLAN (Global Legal Action Network) ont porté l’affaire devant la justice, accusant le Royaume-Uni de violations du droit international. Ces accusations font suite à des preuves attestant que les F-35 ont été utilisés pour des bombardements sur des zones densément peuplées. Le bras de fer juridique s’intensifie, alors que la Haute Cour britannique doit statuer sur cette affaire dans les mois à venir.

Le gouvernement britannique face aux accusations

Le gouvernement britannique a admis en novembre 2024 qu’Israël n’était pas engagé à respecter le droit international humanitaire. Pourtant, cette reconnaissance ne l’a pas empêché de continuer à autoriser les exportations de composants du F-35, une décision qui suscite l’indignation des défenseurs des droits humains.

Selon The Guardian, David Lammy, secrétaire aux Affaires étrangères, a justifié cette politique en expliquant que les composants du F-35 sont intégrés dans un programme international impliquant plusieurs pays, notamment les États-Unis. En conséquence, les autorités britanniques estiment impossible d’interdire spécifiquement leur vente à Israël sans perturber toute la chaîne d’approvisionnement mondiale du F-35.

Ce raisonnement est contesté par Al-Haq, qui souligne que le Royaume-Uni ne peut pas ignorer les risques évidents associés à ces exportations. En effet, selon un rapport de Danwatch, les avions F-35 israéliens ont été directement impliqués dans l’attaque du 2 janvier 2025 sur la zone de sécurité d’Al-Mawasi, qui a fait 90 morts et 300 blessés.

Une bataille juridique menée par des ONG

Al-Haq et GLAN ont engagé une action en justice contre le gouvernement britannique, dénonçant une complicité avec des crimes de guerre. Leur argument principal repose sur le fait que les composants du F-35 pourraient être utilisés pour commettre des violations graves du droit international humanitaire.

En janvier 2025, la Haute Cour britannique a accepté d’examiner leur recours, une décision saluée par les militants des droits humains. Shawan Jabarin, directeur d’Al-Haq, a déclaré :
« Il est impensable que le Royaume-Uni continue à fournir des armes à un État qui bafoue systématiquement le droit humanitaire international. Londres ne peut plus prétendre ignorer l’usage meurtrier qui est fait de ses équipements. » L’affaire doit être jugée entre avril et mai 2025, et pourrait contraindre le Royaume-Uni à revoir sa politique d’exportation d’armes.

Les implications géopolitiques et économiques

La vente des composants du F-35 ne concerne pas uniquement Israël : elle s’inscrit dans un accord international impliquant les États-Unis, l’OTAN et plusieurs autres pays. Selon des sources gouvernementales, 15 % des composants du F-35 sont fabriqués au Royaume-Uni, et une interruption des exportations vers Israël pourrait mettre en péril les intérêts stratégiques et industriels britanniques.

Si la Haute Cour britannique tranche en faveur d’Al-Haq et de GLAN, le gouvernement pourrait être contraint d’interrompre ces exportations, ce qui établirait un précédent juridique majeur. Cette affaire pourrait également influencer d’autres pays fournisseurs d’armes à Israël, comme les États-Unis, la France et l’Allemagne.

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