Chasse aux migrants : ces drones israéliens qui surveillent la Méditerranée pour l’Europe

Le navire humanitaire Madleen, avec Greta Thunberg à son bord, a été intercepté par l’armée israélienne.

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Chasse aux migrants : ces drones israéliens qui surveillent la Méditerranée pour l’Europe
Chasse aux migrants : ces drones israéliens qui surveillent la Méditerranée pour l’Europe © Armees.com

Le Madleen, navire humanitaire britannique, a été intercepté récemment par l’armée israélienne alors qu’il tentait de contourner le blocus imposé à Gaza. Cet épisode soulève des questions importantes sur les tensions géopolitiques et l’usage controversé de technologies militaires dans des opérations civiles. À bord se trouvaient 12 activistes de la paix, dont des figures marquantes comme Greta Thunberg (l’activiste suédoise très connue) et Rima Hassan, parlementaire française. Le navire transportait aussi des vivres indispensables, comprenant notamment des fournitures médicales et du lait maternisé, destinés aux habitants de Gaza.

Le périple et l’arrêt

Le Madleen partait en mission pour apporter de l’aide à Gaza, mais il a été arrêté par les forces israéliennes en pleine navigation dans les eaux internationales, ce qui soulève des questions sur la sécurité maritime. Ce n’est pas la première fois qu’une initiative de ce type se heurte à des embûches. Un mois auparavant, un autre bateau humanitaire, le Conscience, avait été incendié après une attaque par drone en eaux internationales près de Malte. Même si Israël n’a ni admis ni démenti cette agression, un avion Lockheed C-130 Hercules avait déjà été repéré à La Valette.

Les drones et la surveillance

L’arrêt du Madleen montre aussi comment l’armée mise de plus en plus sur les drones pour ses opérations. Le 3 juin, un drone israélien piloté par la garde côtière hellénique a survolé le navire. Ces drones, du modèle Heron fabriqué par Israel Aerospace Industries, peuvent voler pendant plus de 24 heures et transporter jusqu’à 250 kilogrammes d’équipement. Ils disposent d’une technologie de pointe en imagerie thermique ainsi que de caméras jour et nuit, ce qui permet une surveillance très fine. On sait d’ailleurs qu’ils ont été utilisés pour viser des Palestiniens à Gaza, une opération que certains spécialistes n’hésitent pas à qualifier de génocide. En 2024, les exportations d’armement israéliennes ont atteint 14,8 milliards de dollars, ce qui montre bien l’ampleur du commerce d’armement dans le pays.

Les alliances et la morale

La Grèce joue un rôle important dans toute cette affaire en ayant signé plusieurs accords avec Israël pour l’achat et l’utilisation des drones Heron. Depuis 2018, un mémorandum d’entente permet à la Grèce de louer sept drones Heron auprès d’Israël. Puis, en 2020, un accord de 1,6 milliard de dollars a été conclu pour renforcer ce partenariat technologique et militaire. Cette coopération s’inscrit dans le cadre des efforts européens pour mieux gérer les migrations en Méditerranée via Frontex et son opération Poseidon (qui surveille les traversées, notamment depuis les côtes libyennes jusqu’aux côtes tunisiennes, devenues en 2023 le principal point de départ des migrants).

Les suites juridiques et les dilemmes moraux

L’usage des drones israéliens dans ces situations soulève d’importantes questions juridiques et morales. Ces engins, testés sur des civils palestiniens avant d’être déployés en Europe pour surveiller les migrations, sont au cœur d’un débat international sur leurs effets humanitaires. Israël doit actuellement faire face à une action en justice devant la Cour internationale de justice pour « risque de génocide » à Gaza. Alors que les événements continuent d’évoluer, il apparaît indispensable que la communauté internationale examine attentivement les répercussions sur le plan juridique et moral de l’utilisation de ces technologies militaires avancées. Comme le rappelle Yasemin Acar : « Nous n’avons pas besoin de plus de frontières… Nous avons besoin de plus d’humanité » .

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