Ce sous-marin soviétique devait anéantir la flotte américaine en 1989 : le Komsomolets repose aujourd’hui au fond de l’eau avec ses torpilles nucléaires

Saviez-vous que l’épave du Komsomolets, sous-marin nucléaire, cache des niveaux de radioactivité 800 000 fois supérieurs à la normale ?

Publié le
Lecture : 2 min
Ce sous-marin soviétique devait anéantir la flotte américaine en 1989 : le Komsomolets repose aujourd'hui au fond de l'eau avec ses torpilles nucléaires
Source : Capture Brut Média | Armees.com

Durant la guerre froide, la planète était prise dans une course folle aux armements, chaque grande puissance cherchant à dominer sur le plan technologique et militaire. C’est dans cette période tendue qu’est né le sous‑marin nucléaire d’attaque Komsomolets, un fleuron de la « flotte du nord » soviétique. Conçu sous le Projet 685, ce mastodonte des mers a été lancé par le Kremlin pour affirmer la puissance militaire de Moscou face aux États‑Unis. Mais que reste‑t‑il aujourd’hui de cette machine de guerre?

Comment le projet a vu le jour

Le Komsomolets a été mis à l’eau en 1985, marquant une étape importante dans l’histoire militaire de l’Union soviétique. Long de plus de 120 mètres, il pouvait plonger à plus de 1 000 mètres, ce qui le rendait presque indétectable.

Sa mission était claire : contrebalancer l’avancée militaire américaine en opérant près des côtes américaines sans être repéré, et ainsi renforcer l’armada soviétique, soulignant les implications géopolitiques de l’époque.

Construit dans le chantier naval géant de Severodvinsk, le Komsomolets embarquait un réacteur nucléaire conventionnel, illustrant les défis techniques de l’époque dans le compartiment 4 et six tubes dans le compartiment 1, capables de lancer des torpilles ou des missiles potentiellement équipés d’ogives nucléaires. Malgré cette prouesse technique, la machine n’a pas pu éviter une tragédie en 1989.

Le drame de 1989 et ses suites

Le 7 avril 1989, un incendie s’est déclaré à bord, précisément dans le compartiment 7, transformant le Komsomolets en sous-marin en perdition, raconte Brut dans une vidéo dédiée. Les flammes ont vite dépassé les défenses du sous‑marin et ont détruit les turbines. Le réacteur a été mis à l’arrêt d’urgence, mais de l’eau a fini par pénétrer la coque, entraînant un naufrage progressif.

Selon Justin Gwynn, chercheur à l’Autorité norvégienne de sûreté nucléaire et radiologique, l’épave présente des risques nucléaires considérables, la radioactivité du plutonium ayant été comparée à celle de la bombe larguée sur Nagasaki.

Sur les 69 membres d’équipage présents, seuls 27 ont survécu. Des capsules de sauvetage ont permis de sauver cinq des six officiers coincés dans la coque, mais 42 marins sont morts dans l’eau glacée, épuisés.

Retrouvailles et questions d’aujourd’hui

Trente ans après le naufrage, l’épave a été localisée en 2019 grâce à un sonar multifaisceaux. Le rapport de l’équipe qui a retrouvé la carcasse signale des niveaux de radioactivité alarmants dus au Strontium 90 et au Césium 137, mesurés respectivement à 400 000 et 800 000 fois au‑dessus de la normale. Pourtant, des analyses menées en 1994 et 1995 avaient initialement conclu à l’absence d’effets environnementaux majeurs.

Nicolas Dujuin, enseignant‑chercheur en histoire russe et soviétique, émet toutefois des réserves persistantes sur l’état du réacteur nucléaire et la présence possible de torpilles. Le risque de corrosion et les conséquences environnementales potentielles de l’épave continuent de soulever de nombreuses incertitudes.

Laisser un commentaire

Share to...