Dimanche 11 mai 2025, la ville de Djibo, dans le nord du Burkina Faso, a été le théâtre d’une attaque massive attribuée au JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), affilié à al-Qaïda. L’assaut, confirmé par plusieurs sources sécuritaires et médiatiques, a visé une base militaire, un poste de police et le marché central, provoquant la mort de plusieurs dizaines de personnes : civils, soldats et Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP). Des armes ont été saisies, des bâtiments incendiés. La terreur a de nouveau frappé une population déjà exsangue.
Le JNIM frappe, les soutiens du régime minimisent
Pourtant, sur les réseaux sociaux, les soutiens du capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis le coup d’État de septembre 2022, ont immédiatement tenté de minimiser, voire de nier les faits. Cette réaction s’inscrit dans une stratégie de communication bien rodée, qui préfère accuser les médias, les ONG ou les puissances étrangères.
La faillite de la promesse russe
Pendant que Djibo brûlait, le capitaine Traoré était à Moscou, dans le cadre d’un déplacement officiel présenté comme un renforcement du partenariat stratégique avec la Russie. Ce partenariat, incarné par la présence de mercenaires du groupe Wagner (désormais intégré à Africa Corps), devait justement sécuriser les zones les plus instables du pays. Force est de constater que la promesse russe de sécurité ne tient pas. Djibo n’est pas un incident isolé : depuis le début de l’année, les attaques contre les forces burkinabè et les civils se sont multipliées dans les régions du Sahel, du Nord et de l’Est.
Le silence embarrassé des autorités burkinabè après l’attaque contraste avec la communication triomphaliste habituelle sur les “victoires” contre les groupes armés. Loin du terrain, les discours officiels peinent à masquer les failles d’une stratégie fondée sur la rupture avec la France et la CEDEAO et sur l’alliance exclusive avec Moscou.








