Au sommet du G7 à Évian (Haute-Savoie), en France, les Sept ont confirmé que des missiles longue portée seraient désormais fabriqués « sous licence » en Ukraine, rapporte BFMTV. Pour Kiev, engagé dans un conflit qui s’intensifie avec la Russie sur plusieurs fronts, la mesure compte sur le plan militaire. En autorisant une production locale, le G7 apporte un soutien matériel direct et développe l’industrie de l’armement ukrainienne.
Le G7 se mobilise ensemble
Le G7 réunit les États-Unis, l’Allemagne, le Canada, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni et la France. L’annonce a été faite un mercredi, en présence du chancelier allemand Friedrich Merz, qui l’a présentée comme un « élément d’engagement très fort » en faveur d’une production « sous licence » en Ukraine. Dans leur déclaration commune, les chefs d’État et de gouvernement des Sept appellent à augmenter les livraisons de systèmes de défense aérienne et d’armes de longue portée.
L’objectif : produire plus vite et en plus grande quantité sur le sol ukrainien. Des licences seront accordées à des entreprises capables de fabriquer ces matériels, parmi lesquelles des industriels européens et ukrainiens. Elles portent sur des systèmes de défense antiaérienne et sur des missiles destinés à renforcer les « capacités de frappe dans la profondeur ».
Ce que ça change pour l’industrie de l’armement
Cet accord a plusieurs effets pour le secteur. Des entreprises américaines pourront délivrer des licences à des fabricants européens, ce qui élargira la production de missiles longue portée comme les Flamingo et les Neptune, déjà fabriqués en Ukraine. Le pays prévoit d’en produire environ 700 Flamingo cette année et mise sur la production de masse. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, comptait sur des missiles de croisière comme les Tomahawk américains, qui ne sont toujours pas arrivés. L’Allemagne, elle, a refusé de livrer ses Taurus, par crainte d’une escalade.
Le G7 a aussi affirmé vouloir renforcer la défense antiaérienne ukrainienne avec des systèmes comme le Patriot. Sa déclaration commune lie l’octroi de licences au renforcement des capacités militaires de Kiev.
Géopolitique et logistique : pourquoi ça compte
Le contexte géopolitique pèse sur cette décision. Depuis l’offensive israélo-américaine contre l’Iran le 28 février, l’Ukraine a multiplié ses frappes contre des infrastructures russes stratégiques : nœuds de transport et sites de stockage d’hydrocarbures. L’approvisionnement en armes devient alors un enjeu central. Le report de l’attention américaine vers le Moyen-Orient a toutefois retardé certaines livraisons.
À chaque frappe russe d’ampleur, l’Ukraine tire « une vingtaine de missiles » du système Patriot, ce qui entame ses stocks. Les discussions au G7 visent justement à résoudre ces difficultés d’approvisionnement grâce à la production sous licence.








