Le mercredi 16 septembre 2026, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a menacé de sanctionner financièrement les réalisateurs du documentaire NAZA et de modifier leur statut de citoyen. Dans une vidéo publiée sur X, il a estimé qu’ils « n’ont pas leur place parmi nous ».
Le film, réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor, deux cinéastes israéliens déjà oscarisés pour No Other Land, repose sur les témoignages de 24 officiers de renseignement et soldats israéliens ayant participé à l’offensive menée à Gaza. Netanyahu envisage de faire adopter deux nouveaux textes de loi.
- Le premier retirerait la nationalité à toute personne qui diffame des soldats.
- Le second multiplierait par vingt le montant des dommages-intérêts encourus en cas de diffamation.
Il l’a formulé ainsi : « La première consiste à retirer la nationalité à toute personne qui diffame des soldats. Et la seconde, à les frapper au portefeuille en multipliant par vingt le montant des dommages-intérêts légaux, auxquels ils s’exposent en cas de diffamation. »
La veille, mardi 15 septembre, le chef du gouvernement s’était déjà exprimé sur le sujet dans une vidéo diffusée sur Telegram, dénonçant une « incitation antisémite à l’échelle mondiale » qu’il jugeait intolérable venant de notre propre camp.
🔴 🇮🇱 🎬 ISRAËL / ITALIE : BENJAMIN NETANYAHU CONDAMNE LE DOCUMENTAIRE « NAZA » 🚨
⚡ Le Premier ministre israélien dénonce fermement le film récompensé à la Mostra de Venise, déclenchant une vive crise politique. 📈💥
• 🏛️ Condamnation ferme de Netanyahu
Attaque au sommet… https://t.co/p3LOqEgTuO pic.twitter.com/E5kQxp2SnN— BREF_INFOS (@BREF_ACTUALITES) September 14, 2026
Le ministre de la Culture avait déjà demandé la déchéance de nationalité
Ces sorties font suite à celle du ministre de la Culture Miki Zohar, qui avait appelé dès le dimanche 13 septembre à prendre des mesures pour déchoir Abraham et Szor de leur nationalité israélienne, les accusant de trahison envers l’État.
Le lendemain, dans un message sur X, il a précisé avoir saisi le ministère de l’Intérieur pour étudier cette demande, estimant que les deux cinéastes ont « manqué de loyauté envers l’État et collaboré avec l’ennemi ». Il a aussi réclamé une enquête sur la façon dont les éléments du documentaire ont été obtenus et sur l’identité de ceux qui les ont fournis, afin de vérifier si cette collecte avait pu aider l’ennemi en temps de guerre.
En Israël, la déchéance de nationalité est légalement possible, bien que rarement appliquée : la demande doit être formulée par le ministère de l’Intérieur et validée par des juges.
NAZA a fait sa première mondiale à la Mostra de Venise avant de recevoir le prix spécial du jury, accueilli par une standing ovation de 25 minutes, la plus longue jamais enregistrée dans un grand festival de cinéma. Le film dure 80 minutes.
Les témoins, dont l’apparence et la voix ont été modifiées numériquement pour préserver leur anonymat, décrivent des systèmes technologiques recourant à l’intelligence artificielle qui permettraient à l’armée israélienne de localiser, via leurs téléphones, des membres présumés du Hamas et leurs familles, avant de frapper leurs domiciles sans distinction. L’un des interviewés affirme qu’un bombardement visant une seule cible a tué 500 personnes qui se trouvaient à proximité.
Après la diffusion en avant-première du film, l’armée israélienne a rejeté catégoriquement les accusations portées dans le documentaire. Ces réactions interviennent dans un contexte où les autorités israéliennes repoussent avec vigueur toute critique de la conduite de leur guerre contre le Hamas, déclenchée après l’attaque du 7 octobre 2023 sur le sol israélien, décrite comme le pire massacre jamais commis par ce mouvement islamiste palestinien.








