Le 14 décembre 2025, la France a officiellement annoncé le démarrage du réacteur nucléaire du Barracuda De Grasse, à Cherbourg. Cette étape, appelée “divergence”, marque la première mise en réaction contrôlée du cœur nucléaire du sous-marin. Quatrième unité de la classe Suffren, le Barracuda De Grasse s’inscrit dans un programme clé pour la modernisation de la marine nationale et pour le maintien des capacités sous-marines de l’armée française.
Barracuda : le démarrage du réacteur, une étape clé pour la marine
Le démarrage du réacteur du Barracuda De Grasse constitue l’un des moments les plus sensibles de la construction d’un sous-marin nucléaire. Cette phase, connue sous le nom de divergence, correspond au lancement initial de la réaction nucléaire contrôlée dans le cœur du réacteur. Ainsi, le Barracuda quitte le statut de plateforme industrielle pour entrer dans une phase active de surveillance nucléaire permanente. Selon Naval News, cette divergence marque « le début du suivi continu du réacteur par les officiers de propulsion nucléaire ».
Dans le même temps, cette étape engage pleinement la responsabilité de la marine et de l’armée françaises. Le Barracuda, en tant que sous-marin nucléaire, repose sur une chaîne de sûreté particulièrement stricte. Le démarrage du réacteur implique des procédures validées par les autorités françaises compétentes, ainsi qu’un contrôle continu des paramètres nucléaires.
Barracuda et capacités nucléaires : un sous-marin au cœur du saut technologique français
Avec le Barracuda, la marine nationale opère un saut technologique majeur par rapport à la précédente génération de sous-marins nucléaires d’attaque. Le Barracuda De Grasse, comme les autres unités de la classe Suffren, affiche un déplacement d’environ 4 700 tonnes en surface et de 5 100 tonnes en plongée, selon les données techniques reprises par l’institut américain NTI. Long de 99 mètres, ce sous-marin nucléaire est conçu pour opérer sur de longues durées, avec une endurance estimée à environ 70 jours à la mer, sans ravitaillement.
Le cœur de cette performance repose sur le réacteur nucléaire du Barracuda, dont la puissance est estimée à environ 150 mégawatts. Cette capacité énergétique assure une propulsion discrète, constante et indépendante des contraintes logistiques classiques. Pour la marine française, cet avantage se traduit par une liberté d’action accrue, essentielle pour les missions de renseignement, de surveillance et de protection des intérêts stratégiques de la France. De plus, le Barracuda embarque un équipage d’environ 63 marins, selon Naval News, auxquels peuvent s’ajouter des personnels spécialisés selon les missions.
Le Barracuda se distingue par son architecture et ses systèmes embarqués. Bien que certaines données restent classifiées, les sources ouvertes indiquent que cette nouvelle génération de sous-marin offre des capacités sensorielles et acoustiques largement supérieures à celles des anciens SNA. Pour la marine et l’armée, le Barracuda devient ainsi un outil central de la supériorité sous-marine française, capable d’opérer dans des environnements complexes tout en restant extrêmement discret.
Après le démarrage du réacteur, le Barracuda De Grasse entre dans une phase de tests prolongés. Ces essais, réalisés d’abord à quai puis en mer, visent à valider le fonctionnement du réacteur nucléaire, mais aussi l’ensemble des systèmes du sous-marin. Selon Naval News, cette phase constitue une étape préalable indispensable avant toute admission au service actif. Le Barracuda De Grasse est le quatrième sous-marin d’un programme qui en compte six au total.








