L’Azerbaïdjan et l’Arménie, ennemis depuis plusieurs dizaines d’années, semblent avancer vers une paix durable. En tout cas, les deux pays sont en phase de rapprochement pour mettre fin à l’un des conflits les plus longs encore en cours en Europe.
L’Azerbaïdjan et l’Arménie, la guerre bientôt finie ?
L’Azerbaïdjan et l’Arménie franchissent une étape historique en annonçant un accord de paix destiné à mettre un terme à près de quarante ans de guerre. Il s’agirait d’un tournant majeur dans les relations entre ces deux États du Caucase du Sud. Depuis la fin des années 1980, le conflit a été marqué par des affrontements armés répétés, des déplacements massifs de populations et une hostilité persistante autour du Haut-Karabakh, territoire revendiqué par les deux parties. Le ministère des Affaires étrangères arménien confirme qu’un projet d’accord de paix a été finalisé et qu’Erevan est prêt à entamer des discussions avec Bakou sur la date et le lieu de sa signature.
De son côté, le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères salue l’aboutissement des négociations tout en posant une condition préalable à la ratification du traité : une modification de la constitution arménienne, jugée ambiguë sur les revendications territoriales de son voisin.
Les tensions entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan remontent à l’effondrement de l’Union soviétique, lorsque la région du Haut-Karabakh, majoritairement peuplée d’Arméniens, a proclamé son indépendance vis-à-vis de l’Azerbaïdjan, déclenchant une première guerre qui a duré jusqu’en 1994.
Un fragile cessez-le-feu a ensuite laissé place à une paix instable, ponctuée d’affrontements sporadiques et d’un nouveau conflit en 2020 qui s’est soldé par la victoire de Bakou, permettant à l’Azerbaïdjan de reprendre le contrôle de vastes territoires. La dernière escalade, en septembre 2023, a vu la quasi-totalité des 100 000 habitants arméniens du Karabakh fuir vers l’Arménie, aggravant les tensions humanitaires et diplomatiques.
La communauté internationale scrute de près l’issue du conflit
La signature imminente d’un accord de paix intervient dans un contexte de surveillance internationale accrue, alors que des acteurs comme la Russie et l’Union européenne jouent un rôle de médiation dans le conflit. Selon l’agence de presse russe TASS, l’Arménie aurait refusé la présence de forces étrangères, ce qui affecterait la mission de surveillance civile de l’UE, critiquée par Bakou, ainsi que les gardes-frontières russes déployés dans certaines zones. La frontière entre les deux pays, longue de près de 1 000 kilomètres, demeure hermétiquement fermée et militarisée, illustrant la méfiance entre les deux nations.
L’incertitude demeure quant à la date exacte de la signature du traité, bien que les deux parties se disent prêtes à officialiser la paix. Le Premier ministre arménien a plusieurs fois évoqué la nécessité de réviser la constitution du pays, mais aucune échéance précise n’a été fixée. Pour les milliers de réfugiés ayant fui le Karabakh et les populations vivant de part et d’autre de la frontière, cet accord représente un espoir de stabilité après des décennies de souffrances et de déplacements forcés.








