Marine nationale : deux navires Protée affrétés pour déployer les drones antimines en haute mer

La DGA a retenu Chantiers de l’Atlantique et Abeilles International pour deux navires Protée attendus d’ici 2028. Une solution civile et militaire pour la guerre des mines.

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Marine nationale : deux navires Protée affrétés pour déployer les drones antimines en haute mer © Armees.com

La Direction générale de l’armement a retenu le groupement Chantiers de l’Atlantique–Abeilles International pour mettre deux plateformes civiles, baptisées Protée, au service de la guerre des mines de la Marine nationale. Annoncée le 4 novembre 2026, cette commande doit donner à la flotte une capacité de déploiement de drones en haute mer d’ici 2028.

Pourquoi deux navires civils plutôt que des chasseurs de mines classiques ?

La solution choisie repose sur l’affrètement, pour une durée maximale de dix ans, de deux bâtiments polyvalents d’environ 80 mètres et 4 000 tonnes. La navigation et la conduite du navire seront assurées par un équipage civil français, tandis que les militaires se chargeront des opérations de guerre des mines. Ce modèle doit permettre de déployer plus rapidement des moyens hauturiers sans attendre l’ensemble des futurs bâtiments spécialisés.

Le dispositif s’inscrit dans le programme SLAM-F, décrit dans une présentation officielle du ministère des Armées datée du 5 novembre. Les drones sont destinés à éloigner les marins des champs de mines tout en élargissant les zones de recherche et de neutralisation.

Des modules de mission interchangeables

Les plateformes Protée pourront recevoir un module de commandement, deux drones de surface, deux drones sous-marins autonomes de nouvelle génération, un module de neutralisation ainsi que des moyens pour les plongeurs-démineurs. Ces derniers comprennent notamment deux embarcations, une infirmerie et un caisson de recompression. Les interfaces standardisées doivent faciliter la reconfiguration des bâtiments en fonction des missions.

Le système de mise à l’eau et de récupération développé par Chantiers de l’Atlantique et NOV-BLM doit fonctionner jusqu’à l’état de mer 5. Le potentiel annoncé est de 320 jours de mission par bâtiment et une capacité d’alerte de 24 heures. Il s’agit de caractéristiques et d’objectifs du dispositif commandé, non de performances déjà démontrées par deux navires opérationnels.

Une étape de transition industrielle et opérationnelle

Le choix d’un groupement associant un chantier naval et un opérateur de navires de services reflète la dimension hybride du projet. Le ministère entend disposer d’une capacité autonome en haute mer associant navires porteurs, drones et centres de contrôle. Les systèmes dronisés existants peuvent être mis en œuvre depuis la côte ; les plateformes Protée doivent étendre leur rayon d’action.

Le calendrier officiel fixe la mise à disposition des deux navires d’ici 2028. Les informations de commande ne doivent pas être confondues avec une livraison déjà réalisée. Le montant du contrat n’a pas été confirmé dans les éléments officiels consultés.

La Direction générale de l’armement a également confirmé le choix du groupement et l’objectif de disponibilité à l’horizon 2028. Le programme représente ainsi une évolution distincte des performances des drones eux-mêmes : celle des navires capables de les projeter durablement en mer.

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