Guerre des mines : les drones français pourront explorer les fonds jusqu’à 300 mètres

La Marine nationale détaille son futur dispositif de lutte contre les mines, associant drones de surface, engins sous-marins et sonars multi-angles. Huit modules doivent progressivement transformer les opérations, avec une décision de neutralisation qui restera humaine.

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Guerre des mines : les drones français pourront explorer les fonds jusqu’à 300 mètres © Armees.com

La Marine nationale veut changer profondément sa manière de rechercher les mines sous-marines. Dans une présentation publiée le 5 novembre, la Direction générale de l’armement (DGA) détaille le programme SLAM-F, qui doit associer drones de surface, engins sous-marins autonomes et moyens de neutralisation téléopérés.

Le changement est important : le futur dispositif vise à détecter et traiter des mines jusqu’à 300 mètres de profondeur, contre 120 mètres pour la capacité actuellement évoquée par le ministère. L’objectif est aussi de limiter l’exposition directe des marins aux zones dangereuses, sans supprimer leur responsabilité dans les décisions opérationnelles.

Huit modules de lutte contre les mines

Selon la présentation officielle du ministère des Armées, le programme prévoit huit modules. Chacun doit réunir deux drones de surface, deux drones sous-marins et une équipe de plongeurs-démineurs, pour un effectif annoncé de 32 marins.

Les drones de surface peuvent remorquer des sonars chargés de balayer les fonds. Les engins sous-marins autonomes recueillent des images haute résolution pour repérer et classer les objets suspects. La distinction entre une roche, une munition historique et une mine constitue une difficulté centrale de ces missions.

Le programme fait appel à des sonars multi-aspects développés avec Thales. En enregistrant plusieurs angles au cours d’un même passage, ils doivent réduire le nombre de balayages nécessaires. Des algorithmes assistent ensuite les opérateurs dans l’analyse des échos, mais ne constituent pas à eux seuls une preuve de la présence d’une mine.

Une autonomie encadrée par une décision humaine

Les drones sous-marins peuvent rester sans liaison pendant presque toute leur mission. Leur système de supervision doit donc surveiller leur énergie, leur trajectoire et leurs capteurs de manière autonome, y compris lors de sorties approchant vingt heures. Les données sont ensuite exploitées par les équipes de commandement.

Lorsqu’une menace est identifiée, un robot téléopéré peut être envoyé pour déposer une charge de neutralisation. La décision finale demeure celle d’un opérateur humain. Cette distinction entre détection automatisée et engagement de la charge est un élément essentiel du dispositif décrit par la DGA.

Le déploiement doit d’abord s’appuyer sur des installations à terre, notamment pour protéger les approches de Brest et Toulon. Des navires porteurs de drones, dont les Protée annoncés dans une nouvelle étape du programme, permettront d’étendre le rayon d’action. À plus long terme, des bâtiments spécialisés sont envisagés à partir de 2029-2030.

Au-delà des ports français, la capacité pourrait servir à sécuriser des passages maritimes stratégiques, où les mines peuvent perturber aussi bien les mouvements militaires que la navigation commerciale. Il s’agit encore d’un déploiement progressif : les performances visées et l’architecture annoncée ne signifient pas que tous les modules sont déjà opérationnels.

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