Somalie : le retrait ougandais oblige la mission africaine à reprendre quatre positions stratégiques

L’Ouganda retire des troupes déployées en Somalie. La mission de l’Union africaine prévoit de reprendre quatre bases situées aux abords de Mogadiscio, où la menace du groupe Al-Chabab rend toute transition militaire particulièrement sensible.

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Somalie : le retrait ougandais oblige la mission africaine à reprendre quatre positions stratégiques © Armees.com

La transition militaire autour de Mogadiscio s’accélère. Alors que l’Ouganda a commencé à retirer des soldats déployés en Somalie dans le cadre d’un accord bilatéral, la mission de soutien et de stabilisation de l’Union africaine prépare la reprise de quatre positions au sud-ouest de la capitale.

Les sites concernés sont Sabid-Anole, Bariire, Awdheegle et Bulonagad, dans une zone où les forces somaliennes et leurs partenaires tentent de contenir les combattants d’Al-Chabab. Leur transfert doit intervenir pendant les rotations prévues en novembre, selon les informations publiées le 3 novembre par Associated Press.

Éviter un vide sécuritaire autour de la capitale

Le risque immédiat ne tient pas seulement au nombre de militaires quittant le pays. Il concerne la continuité de l’occupation des positions, le maintien des itinéraires logistiques et la coordination entre unités. Une base évacuée sans relève suffisamment préparée peut offrir à un groupe insurgé une occasion de rétablir une présence locale.

Les quatre positions identifiées jouent un rôle dans la sécurité de la région de Lower Shabelle, qui constitue un accès important vers Mogadiscio. Les commandants somaliens ont demandé aux troupes de rester vigilantes et d’intensifier leurs opérations. Les autorités n’ont toutefois pas précisé publiquement qui prendrait en charge tous les autres sites susceptibles d’être laissés par les forces ougandaises.

Il serait donc prématuré de présenter la reprise des quatre bases comme un transfert intégralement achevé. Il s’agit d’un dispositif annoncé pour les rotations de novembre, dans un environnement où les capacités de l’armée somalienne demeurent sous tension.

Une présence ougandaise appelée à s’achever

Le retrait en cours concerne d’abord des militaires présents au titre d’un accord bilatéral. Plus largement, le calendrier annoncé prévoit le départ de l’ensemble des forces ougandaises, y compris celles participant au dispositif de l’Union africaine, d’ici la fin de 2027. Cette perspective mettrait un terme à environ vingt ans d’engagement ougandais dans les opérations de stabilisation somaliennes.

Les difficultés de financement de la mission africaine constituent l’une des contraintes de cette réorganisation, sans suffire à expliquer à elles seules toutes les décisions de retrait. Les opérations contre Al-Chabab, les désaccords politiques internes et les besoins de formation des forces somaliennes rendent la transition particulièrement délicate.

Pour les partenaires internationaux, l’enjeu est d’éviter qu’un ajustement des effectifs ne se traduise par une perte durable de contrôle territorial. Le transfert annoncé de Sabid-Anole, Bariire, Awdheegle et Bulonagad constitue ainsi une étape opérationnelle précise, mais son efficacité dépendra de la relève réellement déployée et de sa capacité à tenir ces positions dans la durée.

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