Drones navals : KNDS et SeaOwl dévoilent un engin armé capable de parcourir 200 km

Au salon Euronaval, le groupe franco-allemand KNDS et l’entreprise française SeaOwl annoncent un accord pour développer et expérimenter un drone de surface armé. Vitesse annoncée de 35 nœuds, charge utile de 30 kg et décision de tir réservée à un opérateur : le projet illustre l’accélération de la robotisation du combat naval.

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Drones navals : KNDS et SeaOwl dévoilent un engin armé capable de parcourir 200 km © Armees.com

Le groupe franco-allemand KNDS et la société française SeaOwl Technology Solutions ont annoncé, mardi 3 novembre 2026, au salon Euronaval de Villepinte, un accord de coopération pour développer et expérimenter un drone de surface armé. Les deux partenaires présentent un engin sans équipage destiné à des missions offensives et défensives, avec une autonomie de combat annoncée pouvant atteindre 200 kilomètres.

Cette coopération associe l’expertise de KNDS dans les munitions à celle de SeaOwl dans la navigation autonome et la téléopération maritime. Elle intervient alors que les attaques de drones contre des navires et des installations portuaires ont renforcé l’intérêt des marines pour des moyens de surveillance et d’interception moins coûteux à engager que des bâtiments habités.

35 nœuds, 30 kg de charge utile : les caractéristiques annoncées

Selon le communiqué publié par KNDS le 3 novembre, le drone peut atteindre une vitesse maximale de 35 nœuds et emporter une charge utile de 30 kilogrammes. Le constructeur évoque une signature radar et optique réduite ainsi qu’une architecture de cybersécurité et une chaîne de mise à feu protégée.

La navigation pourra être autonome, mais les industriels précisent que l’engagement d’une cible et le tir relèveront exclusivement d’un opérateur à distance. Cette distinction est centrale pour un système capable de transporter une munition : l’autonomie de déplacement ne vaut pas autonomie de décision létale.

L’accord porte à ce stade sur le développement et l’expérimentation. Les performances communiquées sont celles revendiquées par les industriels ; aucun calendrier de commande ni entrée en service dans une marine n’a été annoncé dans le communiqué.

La protection des ports devient un enjeu industriel français

La menace des drones de surface s’est imposée dans les conflits récents, particulièrement en mer Noire, et concerne aussi la sécurité des voies commerciales. Reuters rapporte que KNDS et SeaOwl ciblent notamment les besoins de protection des ports et des navires contre ces attaques.

En France, cette annonce s’inscrit dans une dynamique plus large de développement de drones navals. Le ministère des Armées a indiqué le 8 octobre que SeaOwl figurait parmi les trois partenaires retenus pour poursuivre les travaux du programme DANAE, consacré à la protection des ports et à l’escorte de navires. Ce programme fait l’objet de sa propre procédure d’évaluation : l’accord annoncé avec KNDS ne constitue pas, à lui seul, une commande de la Marine nationale.

Pour les forces françaises et européennes, l’enjeu est de disposer d’une gamme d’outils adaptés aux menaces maritimes, depuis la détection jusqu’à l’interception, tout en préservant les équipages et les bâtiments les plus coûteux. Le passage du prototype à une capacité opérationnelle dépendra des essais, de la fiabilité des communications et des choix d’acquisition des marines intéressées.

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