Ukraine : après la trêve d’Olechky, Kiev accuse Moscou d’avoir renforcé ses positions militaires

Au lendemain de la fin de la trêve humanitaire d’Olechky, l’état-major ukrainien affirme que les forces russes ont profité de la pause pour faire tourner des unités, fortifier leurs positions et acheminer des munitions. Le Kremlin renvoie les questions sur ses troupes au ministère de la Défense.

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Ukraine : après la trêve d’Olechky, Kiev accuse Moscou d’avoir renforcé ses positions militaires © Armees.com

La trêve humanitaire de six jours à Olechky, dans le sud de l’Ukraine, s’est achevée dimanche 1er novembre au soir. Dès lundi matin, l’état-major ukrainien a accusé les forces russes d’avoir utilisé cette suspension locale des tirs pour consolider leurs positions, alors que l’accord visait à acheminer de l’aide et à évacuer des habitants de la ville occupée.

Dans un communiqué publié le 2 novembre à 6 heures, les forces armées ukrainiennes détaillent plusieurs mouvements qu’elles disent avoir observés : rotations d’unités russes, renforcement des fortifications, installation de dispositifs antidrones supplémentaires le long des routes et augmentation des flux logistiques, notamment de munitions. Il s’agit d’affirmations de l’état-major ukrainien, dont l’ensemble des éléments n’a pas été vérifié de manière indépendante.

Des mouvements militaires signalés pendant la pause humanitaire

Olechky se trouve sur la rive orientale du Dniepr, face à Kherson, ville tenue par l’Ukraine. Les deux rives sont séparées par un fleuve qui constitue une ligne de confrontation majeure. Dans ce secteur, la protection des routes contre les drones et la disponibilité des munitions peuvent peser directement sur les capacités d’approvisionnement et de manœuvre des unités.

L’état-major ukrainien affirme que ses forces ont respecté les modalités de la trêve et que les cargaisons humanitaires sont parvenues à destination. Dans son article publié lundi, Reuters rapporte également l’avertissement de la 34e brigade de fusiliers marins ukrainienne, qui appelle les habitants de la région à rester attentifs aux alertes aériennes et redoute une intensification des combats.

Ce que répond Moscou aux accusations ukrainiennes

Interrogé lundi sur les mouvements russes présumés, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué ne pas disposer d’informations précises et a renvoyé la question au ministère russe de la Défense. Il a, de son côté, supposé que les troupes ukrainiennes avaient également profité de la pause pour se regrouper, présentant cette pratique comme habituelle. Ces déclarations ont été recueillies par Reuters le 2 novembre.

Le Kremlin a également fait savoir qu’aucune nouvelle trêve locale comparable à celle d’Olechky n’était actuellement prévue. Les accusations réciproques sur les mouvements de troupes interviennent donc alors que la fenêtre humanitaire vient de se refermer.

Des évacuations réalisées, mais des combats toujours possibles

L’accord entré en vigueur le 27 octobre avait été négocié avec une implication de Melania Trump, première dame des États-Unis, et du pape Léon XIV. Selon Melania Trump, près de 800 personnes ont été évacuées pendant cette opération. Le médiateur ukrainien pour les droits humains, Dmytro Lubinets, a indiqué dimanche que les deux parties avaient respecté leurs obligations pendant la période convenue, une appréciation qui porte sur la mise en œuvre humanitaire de l’accord.

La tension militaire demeure élevée autour de Kherson. Les autorités ukrainiennes ont signalé lundi une frappe de drone dans le centre de la ville, sans victime rapportée, ainsi que des attaques contre plusieurs localités de la région au cours des vingt-quatre heures précédentes, selon les informations recueillies par Reuters.

La séquence d’Olechky montre la difficulté de concilier une opération humanitaire ponctuelle avec les impératifs militaires des deux camps. Les évacuations ont pu se dérouler, mais la question des mouvements de forces pendant la pause ouvre désormais une nouvelle controverse entre Kiev et Moscou.

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