Un projet de réouverture du détroit d’Ormuz en deux jours est désormais discuté à Doha, au Qatar. Dimanche 1er novembre 2026, des représentants iraniens ont poursuivi pour une troisième journée leurs échanges avec les médiateurs qataris. Le calendrier envisagé dépend de concessions américaines encore en discussion, tandis que les forces iraniennes et américaines restent dans une posture de dissuasion.
Selon Reuters, qui cite un responsable informé des discussions, les consultations à Doha font suite à une visite de médiateurs qataris à Téhéran vendredi. Les échanges sont coordonnés avec Washington par des contacts réguliers, mais il ne s’agit pas de négociations directes entre les États-Unis et l’Iran.
Un calendrier de deux jours, soumis à des conditions américaines
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a présenté une proposition dont le principe serait séquentiel : des mesures américaines interviendraient d’abord, puis le détroit pourrait rouvrir le lendemain. Dans ses déclarations rapportées par Al Jazeera le 1er novembre, il a notamment évoqué la levée de sanctions, le rétablissement de dérogations pétrolières, une réduction de la présence militaire américaine dans la région et la reconnaissance d’itinéraires maritimes négociés avec Oman.
Ces conditions constituent des demandes iraniennes, non des engagements américains. Araghchi a indiqué que les consultations progressaient, mais qu’aucune décision définitive n’avait été arrêtée. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a confirmé la poursuite des contacts diplomatiques, sans annoncer de calendrier d’accord.
La menace militaire demeure après le scrutin américain
Le calendrier politique des États-Unis pèse sur les discussions. Les élections de mi-mandat du 3 novembre approchent et Donald Trump a indiqué qu’aucune nouvelle frappe américaine contre l’Iran ne serait lancée avant le vote. Il n’a pas exclu une action ultérieure.
En parallèle, le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a ordonné à ses forces de se tenir prêtes à une nouvelle attaque. Les autorités iraniennes menacent de riposter contre des cibles américaines et israéliennes dans la région. Washington, de son côté, maintient l’option militaire tout en affirmant privilégier une issue négociée.
Cette double posture explique la fragilité de la séquence actuelle : les discussions cherchent à desserrer l’étau maritime, alors que les états-majors se préparent toujours à une reprise des combats. L’Associated Press rapporte également que le chef de la diplomatie iranienne affirme être prêt à la fois à négocier et à défendre son pays.
Ormuz, point de pression naval au centre du conflit
Le détroit d’Ormuz relie le golfe Persique à la mer d’Oman. Sa maîtrise est devenue un instrument central du rapport de force : l’Iran impose des restrictions à la navigation et les États-Unis exercent une pression militaire et économique sur les exportations iraniennes. Les incidents impliquant des navires marchands rappellent la difficulté de sécuriser durablement cette voie maritime.
La réouverture éventuelle ne se résume donc pas à un ordre politique. Elle suppose aussi des conditions de navigation acceptées par les parties et une réduction des risques pour les équipages. La position exprimée par les Émirats arabes unis au Dialogue de Manama souligne l’inquiétude des États du Golfe : une nouvelle opération militaire compliquerait la crise régionale et la défense collective des infrastructures reste insuffisamment coordonnée.
Les prochaines étapes dépendront des réponses américaines aux demandes transmises par les médiateurs et de la capacité des parties à traduire un éventuel compromis en mesures concrètes sur mer. Pour l’heure, le délai de deux jours demeure une proposition de mise en œuvre, et les préparatifs militaires se poursuivent.








