Drones navals SMOKERS : la DGA prépare une production pouvant atteindre 50 unités par an

La Direction générale de l’armement a ouvert une consultation pour industrialiser SMOKERS, sa munition navale téléopérée développée en interne. Le dossier envisage une dizaine d’exemplaires par an en temps de paix, avec une capacité portée à 50 selon les besoins des forces.

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Drones navals SMOKERS : la DGA prépare une production pouvant atteindre 50 unités par an © Armees.com

La Direction générale de l’armement (DGA) franchit une étape industrielle pour son drone naval SMOKERS. Un appel à candidatures publié le 29 octobre 2026 vise à confier à une entreprise la préparation de la fabrication en série de cette munition navale téléopérée. Le besoin présenté dans la consultation porte sur environ dix unités par an en temps de paix et sur une capacité pouvant atteindre 50 unités annuelles si le contexte l’exige.

Le dossier de consultation du ministère des Armées décrit un passage du prototype conçu par les équipes étatiques à un système reproductible et déployable sur les bâtiments de la Marine nationale. Les candidatures sont attendues jusqu’au 4 décembre 2026.

SMOKERS : un drone de surface de cinq mètres, conçu pour être fabriqué en série

Le cahier des charges précise les caractéristiques de la version SMOKERS V1 : une longueur de cinq mètres, un déplacement de 500 kilogrammes, une vitesse maximale de 40 nœuds et une autonomie supérieure à 50 milles nautiques. Le système prévoit des liaisons satellitaires et radio ainsi qu’une caméra infrarouge.

La consultation ne consiste pas à acheter un matériel déjà disponible sur catalogue. La DGA recherche un industriel capable d’ajuster la conception, de constituer le dossier de fabrication, d’installer les moyens de production et d’assurer le suivi des configurations. L’objectif est de rendre reproductible un équipement jusqu’ici développé et testé dans les centres techniques de l’État.

Le Centre expert référent drones et systèmes autonomes navals (CERDAN), créé en juin 2026, pilote cette transition. Le ministère veut conserver les acquis du prototypage rapide tout en disposant d’une capacité industrielle mobilisable lorsque les besoins opérationnels augmentent.

Une nouvelle étape dans la stratégie de drones de la Marine nationale

Dans une présentation publiée le 29 octobre, le ministère des Armées a placé l’industrialisation de SMOKERS parmi les priorités du programme de drones navals. Un premier incrément est prévu à la mi-2027, associant les drones de surface d’endurance embarqués et les munitions navales téléopérées.

La Marine distingue trois familles d’engins : les drones tactiques destinés notamment à la protection, les plateformes d’endurance dédiées à la surveillance et les drones d’action spécialisés, dont SMOKERS fait partie. Cette organisation doit permettre d’adapter les équipements aux missions, plutôt que de demander à un seul modèle de remplir tous les rôles.

Les enseignements des combats en mer Noire ont accéléré l’intérêt des marines pour des plateformes de surface sans équipage, capables d’effectuer des missions à risque. Le compte rendu technique de Naval News du 26 octobre décrit le développement de SMOKERS en six mois et ses campagnes d’essais en mer, notamment lors de l’exercice Wildfire.

Un appel à candidatures, pas encore une commande de 50 drones

Le rythme de 50 unités par an représente une capacité industrielle envisagée, et non un volume de livraison déjà commandé. Le marché doit d’abord permettre de sélectionner un partenaire et d’organiser la fabrication à partir du prototype V1 fourni par la DGA.

La distinction est importante pour mesurer l’avancement du programme : l’expérimentation a démontré la faisabilité technique, tandis que la consultation du 29 octobre cherche à établir les conditions d’une production suivie. La prochaine étape dépendra du choix industriel, des commandes effectives et du calendrier de montée en cadence.

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