La Direction générale de l’armement (DGA) a annoncé, le 29 octobre 2026, avoir notifié aux chantiers Piriou un marché portant sur seize remorqueurs-pousseurs de nouvelle génération RP30NG destinés à la Marine nationale. Mais la structure du contrat mérite d’être précisée : seuls quatre navires font l’objet d’une commande ferme, tandis que douze autres relèvent d’options. Les premières unités sont attendues dans les bases navales à partir de 2028, selon le communiqué de la DGA.
Quatre constructions garanties à Concarneau
Les quatre premiers RP30NG doivent être construits à Concarneau, dans le Finistère. Le contrat comprend également des dispositions relatives au maintien en condition opérationnelle. Pour l’industriel, le marché ouvre donc une perspective de série, mais les douze bâtiments optionnels ne doivent pas être présentés comme déjà commandés. La DGA ne précise pas dans son annonce le montant du contrat ni les conditions de levée de ces options.
Les futurs remorqueurs mesureront 26 mètres de long et afficheront un déplacement de 370 tonnes en charge complète. Leur capacité de traction annoncée atteint 30 tonnes. Ils sont conçus pour être projetés jusqu’à 200 milles nautiques des côtes pendant plusieurs jours, une caractéristique qui étend leur utilité au-delà des seules manœuvres à quai.
Le ministère explique que les navires reprendront une architecture issue de la gamme civile de Piriou, adaptée aux contraintes de la Marine. Ce choix doit faciliter la production en série et réduire les délais de livraison. Il illustre une approche industrielle consistant à partir d’une plateforme existante plutôt qu’à développer entièrement un bâtiment militaire spécifique.
Une fonction discrète mais essentielle autour des sous-marins nucléaires
Dans les bases navales, ces remorqueurs participeront aux manœuvres des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), des sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) et des bâtiments de surface de premier rang. Le déplacement de ces unités dans les espaces portuaires nécessite des moyens spécialisés et disponibles, même si les remorqueurs ne constituent pas eux-mêmes des navires de combat.
Les RP30NG sont aussi destinés à la lutte contre les incendies et les pollutions, à la protection des accès aux ports, à la surveillance de la zone économique exclusive et à certaines missions d’assistance ou de contrôle des pêches. Cette polyvalence répond aux besoins des services de moyens portuaires implantés dans les bases de métropole et d’outre-mer.
Un compte rendu spécialisé publié le même jour souligne également l’intérêt de la capacité de déploiement à distance des côtes pour les missions de sécurité maritime. Il faut toutefois distinguer les missions prévues par le cahier des charges de leur réalisation future : aucun de ces nouveaux bâtiments n’est annoncé comme déjà livré.
Un nouveau marché après une première génération limitée à quatre unités
La DGA rattache ce programme au renouvellement de la flotte de remorqueurs de la Marine nationale. Un premier marché, conclu en 2020, avait conduit à la livraison de quatre RP30. Le nouveau contrat vise une flotte plus importante et des capacités adaptées à plusieurs types de missions, mais la réalisation des seize unités dépendra de l’exercice des options.
Le calendrier communiqué se limite, pour l’instant, à une arrivée des premiers navires à partir de 2028. Il ne détaille pas les dates de livraison de chaque unité ni leur répartition entre les ports militaires. Pour les bases navales, l’enjeu est autant la disponibilité quotidienne des moyens d’assistance aux bâtiments majeurs que la modernisation des coques. La notification du marché enclenche la phase industrielle ; les livraisons et la levée éventuelle des options permettront d’en mesurer la portée réelle.








