La Commission européenne a invité, jeudi 29 octobre, les vingt-sept États membres à solliciter 21,3 milliards d’euros de prêts encore disponibles dans le programme SAFE. Cette deuxième phase doit financer des capacités militaires jugées urgentes, notamment la défense aérienne, les drones et les munitions. Bruxelles souhaite également que les gouvernements associent davantage l’Ukraine à leurs projets d’acquisition.
Le communiqué publié le 29 octobre par la Commission précise que tous les États membres peuvent participer à ce nouvel appel. Les 21,3 milliards d’euros appartiennent à l’enveloppe de 150 milliards de prêts adoptée en mai 2025 : il s’agit de mobiliser des financements encore disponibles, et non de créer un fonds supplémentaire.
Une deuxième phase après les premiers accords de prêt
Le programme SAFE permet à l’Union européenne d’emprunter sur les marchés pour accorder des prêts de longue durée aux États qui investissent dans leurs équipements militaires. Ces financements doivent ensuite soutenir des projets présentés dans des plans nationaux et examinés au niveau européen. Les sommes accordées restent des prêts, à distinguer de subventions ou de commandes directement passées par la Commission.
Selon le bilan communiqué par Bruxelles, 19 États membres ont participé à la première phase et leurs accords de prêt ont été approuvés. Seize accords ont été signés ; près de 13,5 milliards d’euros ont déjà été versés à onze pays au titre du préfinancement. Certains gouvernements avaient demandé des montants inférieurs aux allocations initialement envisagées, laissant une partie de l’enveloppe disponible.
Les États intéressés doivent maintenant indiquer les montants qu’ils souhaitent mobiliser. La Commission prévoit de leur communiquer des allocations provisoires dans les deux semaines suivant la clôture de la période de dépôt. Le montant demandé par chaque pays et les projets finalement financés restent donc à déterminer.
Défense antiaérienne, drones et munitions en tête
La Commission a présenté cette nouvelle phase lors de son point de presse du 29 octobre en insistant sur les besoins immédiats des forces européennes et ukrainiennes. Elle cite expressément les systèmes de défense aérienne et antimissile, les drones, les moyens de lutte antidrones, les munitions et les missiles.
Ces priorités correspondent à des capacités dont l’acquisition suppose des investissements industriels, des délais de fabrication et une coordination entre armées. Pour les pays participants, le choix des équipements devra s’articuler avec leurs propres besoins opérationnels et les possibilités de commandes communes.
Bruxelles encourage en particulier les gouvernements à inscrire des achats conjoints avec l’Ukraine dans leurs plans. Il s’agit d’une orientation proposée aux États, dont la traduction dépendra des dossiers soumis et des décisions de financement. La dépêche de Reuters du 29 octobre souligne également cette priorité donnée à la coopération d’acquisition.
Un enjeu pour les chaînes industrielles européennes
Au-delà du financement, SAFE cherche à rapprocher les demandes nationales pour réduire la dispersion des commandes et renforcer la capacité de production en Europe. Le cadre officiel du dispositif prévoit notamment qu’au moins 65 % du coût des composants proviennent de l’Union européenne, de l’Ukraine ou de pays éligibles de l’Espace économique européen et de l’Association européenne de libre-échange.
Pour les industriels de l’armement, l’enjeu sera de convertir cette possibilité de financement en contrats effectifs, puis en livraisons. Pour les armées, la portée de ce deuxième appel se mesurera aux capacités réellement acquises, à leur interopérabilité et à la rapidité de leur mise à disposition. Les prochains plans nationaux préciseront quels matériels bénéficieront des 21,3 milliards d’euros proposés.








