Drones navals : la Marine française précise ses acquisitions pour 2027 et 2028

La Marine nationale et la DGA ont détaillé le 29 octobre les étapes de leur programme de drones navals. Une première phase d’acquisition est prévue à la mi-2027, avant un second volet en 2028 consacré notamment à un drone de surface autonome et aux moyens de commandement.

Publié le
Lecture : 3 min
Drones navals : la Marine française précise ses acquisitions pour 2027 et 2028 © Armees.com

La Marine nationale précise le calendrier de sa montée en puissance dans les systèmes sans équipage. Lors du point presse du 29 octobre 2026, l’état-major et la Direction générale de l’armement (DGA) ont présenté les prochaines étapes du programme « drones navals », avec un premier lancement en réalisation prévu à la mi-2027 et un deuxième volet annoncé pour 2028. Ces échéances concernent des acquisitions et développements ; elles ne signifient pas que tous les systèmes seront opérationnels à ces dates.

En 2027, des drones d’endurance et la munition navale Smoker

Selon le compte rendu officiel du ministère des Armées du 29 octobre, la première étape doit porter sur des drones d’endurance embarqués à bord des bâtiments de la Marine et sur l’industrialisation de Smoker, une munition navale téléopérée issue des travaux de la DGA.

Les drones d’endurance sont destinés en priorité au renseignement, à la surveillance et à la reconnaissance. Leur intérêt est de prolonger l’observation en mer sans mobiliser en permanence un équipage à bord de chaque plateforme. Smoker relève d’un autre usage : celui d’un moyen naval téléopéré pouvant produire un effet militaire. Le ministère ne communique pas, dans cette présentation, de nombre d’unités commandées ni de coût total du programme.

La DGA indique que quatre campagnes d’évaluation d’un drone de surface d’endurance ont déjà été conduites à Toulon. L’objectif de la campagne d’essais est d’atteindre 120 jours de mer répartis sur sept campagnes. Il s’agit d’un programme de qualification et de retour d’expérience, pas d’une preuve que l’équipement est déjà déployé à grande échelle.

Le deuxième volet de 2028 et le projet DANAÉ

Le deuxième incrément prévu pour 2028 doit notamment concerner DANAÉ, un projet de drone de surface autonome susceptible de disposer d’un armement embarqué, ainsi que l’acquisition d’un système de commandement et de contrôle. L’autonomie de navigation ne signifie pas que la décision d’employer la force serait confiée à la machine.

Le projet DANAÉ avait déjà franchi une étape industrielle en octobre : l’Agence de l’innovation de défense avait présenté les équipes retenues après une première expérimentation. Trois solutions poursuivent leur développement et leur évaluation. Le point presse du 29 octobre inscrit désormais ce projet dans une séquence plus large d’acquisitions et de commandement des drones navals.

Le média spécialisé Naval News avait décrit dès mai les objectifs de protection des bases et d’escorte des bâtiments poursuivis par DANAÉ. La présentation ministérielle d’octobre permet de distinguer ce chantier particulier de l’ensemble du programme « drones navals ».

Trois familles de systèmes, un défi industriel commun

Lancé en juin 2026, le programme distingue trois catégories : les drones tactiques rapides et manœuvrants, notamment pour la protection ; les drones d’endurance pour l’observation ; et les drones d’action spécialisés, dont les munitions téléopérées. Les équipements doivent compléter les navires et aéronefs habités, sans s’y substituer.

Cette approche répond à plusieurs contraintes. La Marine doit conserver des communications fiables dans un environnement brouillé, exploiter les informations recueillies par les capteurs, améliorer l’endurance des plateformes et former les équipages à de nouveaux modes d’emploi. Les expérimentations doivent aussi permettre de sélectionner des matériels susceptibles d’être fabriqués en quantité.

Le passage de prototypes à une production soutenable constitue l’un des enjeux centraux de la nouvelle feuille de route. Le ministère met en avant des acquisitions progressives, des architectures ouvertes et des essais répétés plutôt qu’un achat massif immédiat de systèmes encore en évolution.

La Marine prévoit notamment d’étendre les usages depuis la défense des ports jusqu’à la protection des approches littorales et, à terme, à l’emploi coordonné de plusieurs drones depuis des bâtiments tels que les porte-hélicoptères amphibies. Le Centre expert référent sur les drones et systèmes autonomes navals, créé en juin 2026, doit accompagner cette transformation. La prochaine étape concrète sera la traduction du calendrier annoncé en contrats, essais et capacités disponibles pour les forces.

Laisser un commentaire

Share to...