Drones terrestres et IA militaire : l’Europe lance deux groupes de normalisation, avec des réunions à Paris

L’Agence européenne de défense appelle les administrations et industriels à désigner des experts pour travailler sur les standards de l’intelligence artificielle et des systèmes terrestres autonomes. Les premières réunions auront lieu à Paris en janvier 2027, avec une échéance de candidature fixée au 1er décembre.

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Drones terrestres et IA militaire : l’Europe lance deux groupes de normalisation, avec des réunions à Paris © Armees.com

L’Agence européenne de défense (AED) ouvre un chantier technique qui pourrait peser sur la compatibilité des futurs équipements militaires européens. Dans un appel à experts publié le 27 octobre 2026, elle annonce la constitution de groupes consacrés notamment à l’intelligence artificielle et aux systèmes terrestres autonomes. Les réunions de lancement sont prévues à Paris les 26, 27 et 28 janvier 2027.

Deux nouveaux domaines de travail pour les industriels et les armées

La campagne concerne six domaines techniques : les technologies d’identification automatique, le camouflage, les technologies de l’information appliquées à l’intelligence artificielle, les vêtements militaires, la qualité de l’alimentation électrique et les systèmes autonomes terrestres. Parmi eux, les deux derniers domaines explicitement présentés comme nouveaux groupes sont l’IA et l’autonomie terrestre.

Le travail demandé aux experts consiste à examiner les référentiels existants et à sélectionner des normes considérées comme les plus adaptées aux besoins de la défense. Il ne s’agit donc pas, à ce stade, de la publication de nouvelles obligations techniques ni de la certification d’un modèle de robot ou d’un algorithme particulier.

Cette distinction compte pour les fabricants français de véhicules robotisés, d’électronique embarquée, de logiciels et de systèmes de commandement. Des références communes peuvent faciliter la rédaction des cahiers des charges, les achats conjoints et l’intégration de matériels provenant de fournisseurs différents. Les choix techniques issus des travaux resteront à préciser.

Pourquoi la normalisation devient un enjeu opérationnel

Le dispositif s’appuie sur EDSTAR, la base européenne de références de normalisation de défense. Celle-ci répertorie des standards de bonnes pratiques sélectionnés par des groupes réunissant représentants des administrations et de l’industrie. Les responsables de programmes peuvent s’en servir pour rédiger leurs spécifications et identifier les référentiels pertinents pour les marchés de défense.

L’interopérabilité est particulièrement sensible pour les systèmes sans équipage. Un robot terrestre doit pouvoir échanger des données avec ses capteurs, son poste de contrôle et, selon les missions, d’autres plateformes. La difficulté dépasse les performances d’une machine isolée : elle concerne les interfaces, les communications, les essais et la manière dont plusieurs équipements sont intégrés dans une opération.

Dans son cadre de travail sur la normalisation des systèmes autonomes, l’AED défend le recours aux normes civiles lorsqu’elles conviennent, et aux normes militaires lorsque les contraintes l’exigent. Son plan d’action sur l’autonomie prévoit aussi des travaux de vérification, de certification et de standardisation. La sélection de références communes est ainsi une étape préparatoire, distincte de l’acquisition d’équipements.

Une échéance au 1er décembre avant les réunions parisiennes

Les experts intéressés doivent passer par l’organisme national de normalisation du ministère de la Défense de leur pays, précise l’AED. Les demandes d’information et les démarches de désignation sont attendues avant le 1er décembre 2026. Il ne s’agit pas d’un appel public à candidatures individuelles directement ouvert à tous les ingénieurs.

Le choix de Paris pour les réunions de janvier offre aux administrations et industriels français une occasion de participer aux discussions en amont des futures recommandations. Les résultats dépendront ensuite des travaux des groupes, de la sélection des standards et de leur éventuelle utilisation dans les programmes d’armement européens.

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