LFI : les 3 révélations de Mediapart qui ébranlent le renseignement

Le 20 octobre 2026, LFI annonce poursuivre Laurent Nuñez après que Mediapart a révélé que des services de renseignement auraient reçu l’ordre de présenter faussement le parti comme responsable des violences du 17 octobre.

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LFI : les 3 révélations de Mediapart qui ébranlent le renseignement © Armees.com

Le 20 octobre 2026, La France insoumise (LFI) a décidé de porter plainte contre le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez auprès de la Cour de justice de la République. Le dossier repose sur des affirmations des services de renseignement territorial selon lesquelles ils auraient reçu l’ordre de désigner faussement LFI comme responsable des violences du 17 octobre, tout en contestant cette version en interne. Une enquête de Mediapart publiée le 19 octobre révèle une crise institutionnelle inédite au sein du renseignement français.

Contradictions entre le renseignement et l’exécutif

Mediapart rapporte que dès le 18 octobre, un commissaire du renseignement territorial a consigné dans un document des instructions précises reçues : « On nous demande texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des renseignements territoriaux ». Cette directive explicite est survenue après les violences urbaines du 17 octobre, qui ont touché 3 000 commerces et entraîné environ 150 incarcérations, selon le ministère de la Justice. Laurent Nuñez, confronté à un « manque d’anticipation », a remis sa démission, refusée par Emmanuel Macron. Dans ce contexte, l’exécutif cherche des responsables politiques.

Le commissaire souligne un écart entre l’analyse des services et les attentes politiques. « Quand on nous demande texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des renseignements territoriaux, forcément on a des décisions politiques », déclare-t-il. Un représentant syndical de police et la procureure de Paris, Laure Beccuau, ont également exprimé des doutes sur l’implication de LFI dans les violences, ce qui contraste avec la version gouvernementale.

La question se pose de savoir jusqu’où s’étend l’autorité ministérielle sur l’analyse du renseignement. Les services dépendent du ministère de l’Intérieur mais doivent fournir une analyse objective des menaces. Manuel Bompard de LFI qualifie la situation de « scandale d’État » et dénonce les pressions politiques sur les services de renseignement.

Déroulement de la crise

La crise commence le 17 octobre avec les violences et le manque d’anticipation admis par Nuñez. Le 18 octobre, le commissaire consigne ses observations, et la procureure de Paris contredit publiquement la piste de l’ultragauche. Le 19 octobre, Mediapart publie son enquête, et le 20 octobre, Bompard annonce la plainte de LFI. Le ministère de l’Intérieur dément avoir donné des consignes contre LFI, tandis que l’IGPN ouvre quatre enquêtes sur les violences.

Laurent Nuñez, ancien coordonnateur national du renseignement, fait face à des accusations de manipulation. Bompard évoque des délits possibles, comme la fabrication de faux documents et l’abus d’autorité. La Cour de justice de la République, seule compétente pour juger des ministres, devra évaluer si ces consignes constituent un abus d’autorité.

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