Une cargaison contenant une verrière de cockpit et une trappe de soute à armement d’un avion de combat F-35 a atterri à Hong Kong durant l’été 2026, en provenance d’Australie. Selon la presse américaine, ces équipements auraient ensuite été récupérés par la Chine. Le Pentagone dément cette version des faits.
L’affaire, révélée en septembre 2026, tient à une suite d’imprévus logistiques plutôt qu’à une opération préméditée. D’après Bloomberg, un fabricant avait confié l’acheminement de ces pièces à UPS, par voie maritime et postale, fin mai 2026. La destination finale était San Francisco, pour une réparation ou une mise au rebut. Le trajet initial devait passer par la Corée du Sud et Taïwan, deux partenaires militaires fiables des États-Unis.
Un e-mail raté, une cargaison détournée
Un retard dans l’expédition a tout changé. Pour rattraper le temps perdu, la cargaison a été réacheminée via Hong Kong, toujours selon Bloomberg. Un employé d’UPS aurait raté, ou ignoré, un courriel lui demandant explicitement d’éviter ce territoire. Résultat : le colis est passé par Hong Kong, où la Chine a pu légalement s’en emparer.
Ce matériel militaire américain est pourtant soumis à des règles d’exportation strictes, connues sous le nom d’ITAR, qui interdisent son transit par certains territoires. Depuis la loi de sécurité nationale adoptée en 2020, les autorités chinoises exercent un contrôle étroit sur les flux de marchandises à Hong Kong, raison pour laquelle ce type de transit y est prohibé.
L’incident a été porté officiellement à la connaissance des commissions des Affaires étrangères et des Forces armées de la Chambre des représentants américaine, lors d’une réunion tenue le 29 septembre 2026. Des représentants du Pentagone ont présenté les faits aux parlementaires. Deux enquêtes ont depuis été ouvertes, l’une menée par le Pentagone, l’autre par l’Australie, pays d’où la cargaison était partie.
Même des composants jugés secondaires, comme une verrière ou une trappe de soute, peuvent révéler des matériaux sensibles, des revêtements furtifs ou des procédés de fabrication que Pékin chercherait à reproduire. L’Australie fait partie des sept pays, aux côtés du Canada, du Danemark, de l’Italie, des Pays-Bas, de la Norvège et du Royaume-Uni, à posséder des pièces détachées de cet appareil en dehors des États-Unis.
J.J. Gertler, ancien membre du personnel du Comité des forces armées de la Chambre et analyste de l’aviation militaire au Congressional Research Service, a résumé la situation dans une déclaration à la presse en septembre 2026 : « Il n’est un secret pour personne que la Chine cherche activement à obtenir des données sur le F-35 par l’espionnage électronique, entre autres moyens ».
L’épisode illustre la fragilité des chaînes d’approvisionnement de défense, où des milliers de sous-traitants et de transporteurs manipulent au quotidien des composants sensibles qui circulent à travers le monde. Une erreur humaine, aussi banale soit-elle, suffit à exposer un matériel que des années de réglementation cherchent précisément à protéger. L’affaire est qualifiée de très embarrassante pour les autorités américaines.
Reste que les versions divergent sur l’issue réelle de l’incident. Si la presse américaine évoque une récupération effective des pièces par la Chine, le Pentagone conteste formellement ce point. Les conclusions des enquêtes ouvertes des deux côtés du Pacifique n’ont pas encore été rendues publiques.







