Pourquoi l’armée de Terre favorise-t-elle maintenant les commandos blindés alors que la majorité des armées européennes optent pour le contraire

30 km derrière les lignes ennemies, 48 heures d’autonomie : pendant que l’Europe abandonne le concept, l’armée française mise tout sur son nouveau groupement commando blindé. Un pari risqué ou visionnaire ?

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Pourquoi l'armée de Terre favorise-t-elle maintenant les commandos blindés alors que la majorité des armées européennes optent pour le contraire
Pourquoi l’armée de Terre favorise-t-elle maintenant les commandos blindés alors que la majorité des armées européennes optent pour le contraire © Armees.com

Le fanion du Groupement Commando Blindé (GCB) a été remis le 29 juin 2026 à la Citadelle de Bitche, lors d’une cérémonie conduite par le général de brigade Régis Anthonioz. D’après Opex360, cette remise formalise la création de cette nouvelle unité au sein de la 2e Brigade Blindée, qu’il commande.

Sur LinkedIn, la brigade, surnommée Leclerc, a détaillé le déroulé de la cérémonie : le fanion a été remis par le général de brigade Régis Anthonioz, commandant la 2e brigade blindée, une remise qui marque la création officielle de cette capacité opérationnelle d’exception de la 2ᵉ BB. L’unité intègre désormais officiellement la structure de la brigade.

Le choix français tranche avec celui de la plupart des armées européennes, qui s’éloignent du format commando blindé. La 2e Brigade Blindée, héritière de la 2e Division Blindée du général Leclerc, justifie ce choix par les exigences des conflits modernes : face à des menaces jugées plus flexibles et rapides, elle met en avant la puissance de feu et la mobilité que permet l’association de blindés et de commandos, un atout selon elle face aux conflits asymétriques et aux terrains complexes.

Une capacité pour agir 30 kilomètres au-delà des lignes ennemies

Concrètement, le GCB combine des missions de renseignement, d’infiltration et d’assaut rapide avec la mobilité propre aux unités blindées. Il peut opérer jusqu’à 30 kilomètres au-delà des lignes ennemies et y tenir position pendant 48 heures ; cette combinaison de forces blindées et de commandos lui confère une mobilité que n’ont pas les unités commando classiques.

Les missions confiées au groupement couvrent la reconnaissance, la sécurisation et l’extraction, parfois au-delà des lignes adverses. Le 13e régiment du génie, déjà chargé de faciliter l’engagement des troupes au contact de l’ennemi, appuie ce dispositif. Ce n’est pas une première dans l’armée de Terre : en 2021, la 7e Brigade Blindée avait mis sur pied un Groupement d’aide à l’engagement blindé sur un modèle comparable, déjà expérimenté par trois autres brigades, avec une profondeur tactique identique de 30 kilomètres et une autonomie de 48 heures.

Les opérateurs du GCB sont recrutés parmi les 2e et 7e Brigades Blindées. Leur formation dure plus de quatre mois et se déroule en deux temps : un stage HUET au camp de Valdahon pour les fondamentaux, puis une spécialisation commando au Centre National d’Entraînement Commando, au 1er Régiment de Choc.

Le programme porte sur le renseignement, l’infiltration et le guidage des feux. Selon l’armée de Terre, intégrer ces groupes d’élite exige « résistance au stress, combativité et rusticité ».

La cérémonie du 29 juin a aussi été l’occasion d’installer des marqueurs identitaires propres au groupement. Sur LinkedIn, la brigade a précisé que le fanion symbolise l’identité, la cohésion et l’engagement du GCB et que sa remise marque aussi le début des traditions propres au groupement, avec notamment la création du chant des commandos de la 2e BB.

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