« Poutine ressemble un peu à Hitler » : l’ex-envoyé spécial de Trump brise le silence et prévient que le Donbass ne suffira jamais à Moscou

Munich, Hitler, Troisième Guerre mondiale : Keith Kellogg n’y va pas par quatre chemins pour qualifier Poutine. Selon lui, céder le Donbass ne suffirait pas à arrêter la Russie. Ses raisons donnent froid dans le dos.

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« Poutine ressemble un peu à Hitler » : l'ex-envoyé spécial de Trump brise le silence et prévient que le Donbass ne suffira jamais à Moscou
« Poutine ressemble un peu à Hitler » : l’ex-envoyé spécial de Trump brise le silence et prévient que le Donbass ne suffira jamais à Moscou © Armees.com

« Il ne s’arrêtera pas là. Voilà qui est Vladimir Poutine. » La phrase est de Keith Kellogg, ancien envoyé spécial des États-Unis pour l’Ukraine sous Donald Trump, dans un entretien accordé au Kyiv Independent le 24 août 2026. Selon lui, même un accord de paix limité à la cession du Donbass ne mettrait pas fin aux visées russes sur l’Ukraine.

L’interview tombe le jour de la fête de l’indépendance ukrainienne. Kellogg, 82 ans, effectuait sa sixième visite en Ukraine, mais la première depuis son départ du pouvoir. Resté plusieurs jours sur place, il a été informé des derniers développements du front et a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Un parallèle avec Munich et la crainte d’une troisième guerre mondiale

Kellogg compare les revendications russes à celles de l’Allemagne nazie sur la Tchécoslovaquie avant la Seconde Guerre mondiale. Il rappelle l’accord de Munich, en 1938, par lequel le Premier ministre britannique Neville Chamberlain avait accepté l’annexion des Sudètes en croyant préserver la paix. Un an après son retour de Munich, le conflit mondial éclatait.

« Un an après le jour où il est revenu de Munich, nous étions dans la Seconde Guerre mondiale. Et c’est ce qui m’inquiète : qu’on finisse dans une Troisième Guerre mondiale », a déclaré Kellogg au Kyiv Independent. Il va jusqu’à décrire Vladimir Poutine comme quelqu’un qui « est un peu comme Adolf Hitler ».

Pour l’ancien émissaire, le Donbass n’est qu’un prétexte brandi par le Kremlin pour justifier la poursuite de la guerre. Céder ce territoire ne réglerait rien, puisque, selon lui, Poutine ne veut tout simplement pas mettre fin au conflit. Il a eu, dit Kellogg, d’innombrables occasions et conventions pour l’arrêter ou le geler.

  1. La guerre déclenchée par l’invasion russe se poursuit depuis février 2022. Les négociations menées jusqu’ici n’ont jamais abouti, butant notamment sur des revendications territoriales incompatibles. La Russie fait de la récupération du Donbass une condition sine qua non à tout accord, alors que l’Ukraine refuse de céder ces territoires.
  2. Zelensky s’est dit ouvert à une démilitarisation de la région, avec un retrait des forces des camps et une supervision internationale, une proposition inscrite dans le plan de paix remanié par le président ukrainien en décembre 2025. Poutine n’y a pas adhéré.

Kellogg a quitté ses fonctions d’envoyé spécial le 31 décembre 2025. Militaire de carrière, il a depuis rejoint l’America First Policy Institute, un think tank américain, tout en poursuivant ses visites à Kiev. Lorsqu’il conseillait Trump sur le dossier ukrainien, il était considéré comme un interlocuteur fiable côté ukrainien, et son départ de la Maison Blanche avait suscité de réelles craintes à Kiev. Sa position rejoint l’objectif affiché par Zelensky d’une paix par la force face à la Russie.

Kellogg affirme par ailleurs que la Russie est loin de la victoire et que Poutine se trouve, selon ses mots, « entre les mains de l’Ukraine », évoquant les lourdes pertes russes. Il chiffre entre 1,2 et 1,4 million le nombre de morts russes depuis le début de la guerre, un chiffre nettement supérieur aux estimations occidentales.

Le Center for Strategic and International Studies évalue à environ 1,4 million le total des pertes russes entre février 2022 et juin 2026, dont 450 000 soldats tués.

Ces propos, tenus par un ancien conseiller longtemps perçu comme un allié de l’Ukraine à Washington, ont de fortes chances de trouver un écho favorable auprès du public ukrainien et de nourrir sa détermination à conserver le Donbass.

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