Une commande de dix Caracal fait exploser le record de commandes du Maroc à la France

Le Maroc a commandé 532,1 millions d’euros d’armement français en 2025. Un record porté par l’acquisition de dix hélicoptères Caracal.

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Le Maroc a commandé 532,1 millions d’euros d’armement français en 2025. Un record porté par l’acquisition de dix hélicoptères Caracal. Wikipedia
Le Maroc a commandé 532,1 millions d’euros d’armement français en 2025. Un record porté par l’acquisition de dix hélicoptères Caracal. Wikipedia | Armees.com

Les commandes d’armement du Maroc à la France ont fortement progressé en 2025. Leur montant atteint 532,1 millions d’euros, contre 13,1 millions un an auparavant. Cette hausse spectaculaire s’explique principalement par l’acquisition de dix hélicoptères H225M Caracal. Ces appareils doivent remplacer une flotte de Puma vieillissante et renforcer les capacités de recherche, de sauvetage et de transport tactique des Forces royales air.

Les dix Caracal au centre d’une année 2025 exceptionnelle

Le Maroc a enregistré en 2025 son plus important volume de commandes d’armement français depuis dix ans. Le montant atteint précisément 532,1 millions d’euros. Il a donc été multiplié par plus de 40 en un an. Entre 2016 et 2025, les prises de commandes marocaines auprès des industriels français représentent 1,325 milliard d’euros. La seule année 2025 concentre ainsi environ 40% de ce total. Ces données figurent dans le Rapport au Parlement 2026 sur les exportations d’armement de la France, publié par le ministère des Armées. Le Maroc a par ailleurs représenté la quasi-totalité des 533 millions d’euros de commandes françaises comptabilisées en Afrique du Nord en 2025. L’Algérie n’a enregistré que 300.000 euros de commandes et la Tunisie 600.000 euros sur la même période.

La principale opération concerne dix H225M Caracal construits par Airbus Helicopters. Le contrat a été annoncé le 18 novembre 2025, lors du salon aéronautique de Dubaï. Le montant propre à cette acquisition reste toutefois confidentiel. Les 532,1 millions d’euros publiés par le ministère correspondent à l’ensemble des commandes françaises destinées au Maroc. Ils ne doivent donc pas être présentés comme le prix des seuls hélicoptères. Les nouveaux appareils seront exploités par les Forces royales air. Ils remplaceront des Puma utilisés depuis plus de quatre décennies. D’après Airbus Helicopters, la configuration marocaine comprendra un double treuil, un projecteur de recherche et une boule électro-optique Safran Euroflir 410. Les appareils pourront également recevoir des mitrailleuses et un système de guerre électronique destiné à leur autoprotection. Un ensemble de services, de soutien et de solutions connectées accompagne la commande.

Des équipements adaptés aux missions longues et complexes

Le Caracal n’est pas un simple hélicoptère de transport. Il est conçu pour la recherche et le sauvetage au combat. Il peut aussi assurer l’infiltration de forces spéciales, l’évacuation sanitaire ou le déplacement de troupes et de matériels. Sa capacité atteint 28 militaires équipés. Son autonomie annoncée est de 920 kilomètres avec des réservoirs standards et peut atteindre 1.253 kilomètres avec des réservoirs supplémentaires. L’appareil dispose de deux moteurs Safran Makila 2A1. Il peut intervenir depuis une base terrestre ou un navire, y compris de nuit et dans des conditions météorologiques difficiles. Ces caractéristiques permettent au Maroc de moderniser ses moyens de récupération d’équipages et d’intervention à longue distance. Elles offrent également une nette évolution par rapport aux Puma appelés à quitter le service. Les caractéristiques publiées par Airbus confirment la vocation polyvalente de cet hélicoptère militaire lourd.

Les prises de commandes ne doivent pas être confondues avec les livraisons réalisées pendant l’année. En 2025, les équipements militaires français effectivement livrés au Maroc ont représenté 83,3 millions d’euros, contre 40,8 millions en 2024. Sur dix ans, ces livraisons atteignent 904,7 millions d’euros. Le rapport recense notamment huit lanceurs de missiles et deux canons de 20 millimètres parmi les matériels transférés en 2025. Le décalage avec les 532,1 millions d’euros commandés s’explique par les délais de fabrication, d’intégration et de réception des équipements. Les Caracal seront donc comptabilisés dans les livraisons françaises au rythme de leur transfert effectif au Maroc.

Le rapport fait aussi état de 42 licences d’exportation délivrées en 2025 pour une enveloppe maximale de 1,27 milliard d’euros. La catégorie ML5, qui couvre notamment les systèmes de conduite de tir, de surveillance, d’alerte et de contre-mesures, concentre à elle seule 969 millions d’euros. Les autres autorisations concernent notamment les munitions, les missiles, les aéronefs et différents composants. Une autorisation de 4 400 euros apparaît également dans la catégorie réglementaire ML7. Celle-ci couvre un ensemble très large comprenant les agents chimiques ou biologiques, mais aussi les équipements de protection NRBC et leurs composants. Cette mention ne permet donc pas d’affirmer que le Maroc a commandé des agents chimiques. Surtout, une licence constitue une autorisation administrative plafonnée. Elle n’est ni une commande ferme ni une livraison, comme le rappelle le rapport et le souligne l’analyse des données publiée par Médias24.

Au-delà de la vente des dix Caracal, cette opération consolide une relation industrielle ancienne. Airbus indique qu’environ 60 hélicoptères de sa gamme sont déjà employés au Maroc par les Forces royales air, la Marine royale et la Gendarmerie royale. Le constructeur a également créé dans le Royaume un centre destiné à soutenir cette flotte. Celui-ci doit progressivement évoluer vers une structure de maintenance, de réparation et de révision. Airbus souhaite en faire un pôle régional pour l’Afrique de l’Ouest. La commande de 2025 dépasse donc le seul renouvellement d’appareils anciens. Elle inscrit les achats militaires du Maroc dans une coopération de long terme, associant équipements, maintenance et disponibilité opérationnelle.

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