Trump retire la Syrie de la liste noire du terrorisme

Le 24 août 2026, les États-Unis retirent officiellement la Syrie de la liste des États sponsors du terrorisme après 47 années d’inscription. Cette décision, annoncée par le secrétaire d’État Marco Rubio, marque l’intégration du régime d’Ahmed al-Sharaa dans l’architecture de sécurité occidentale et ouvre la voie à une coopération militaire inédite avec Washington.

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Trump retire la Syrie de la liste noire du terrorisme © Armees.com

Le 24 août 2026, la Syrie sort de la liste américaine des États qui financent leu terrorisme, après 47 ans. Cette décision, signée par le secrétaire d’État Marco Rubio, marque non seulement une réhabilitation diplomatique, mais aussi l’intégration du régime al-Sharaa dans la stratégie de sécurité occidentale menée par l’administration Trump.

47 ans d’isolement : la Syrie enfin reconnue comme acteur de sécurité

Inscrite en 1979 sous Hafez al-Assad, la Syrie a longtemps été considérée comme soutien de groupes armés non étatiques. Sous Bashar al-Assad, cette désignation a perduré jusqu’en décembre 2024, imposant des restrictions sévères telles que l’interdiction d’aide militaire américaine et un embargo sur les exportations de défense. La décision de Washington a suivi la notification au Congrès par le président Trump le 8 juillet 2026, conformément aux procédures législatives.

À présent, seuls Cuba, l’Iran et la Corée du Nord restent sur cette liste. Le retrait de la Syrie ferme un chapitre ouvert pendant la guerre froide, période où Damas était un relais soviétique au Proche-Orient. La guerre civile, débutée en 2011 et s’étendant sur 14 ans, avait encore isolé le pays.

Rupture avec l’héritage Assad sous Ahmed al-Sharaa

En décembre 2024, une offensive par Hay’at Tahrir al-Sham (HTS) renverse Bashar al-Assad, mettant fin à 61 ans de régime baathiste. Ahmed al-Sharaa, ex-commandant de HTS, dirige un gouvernement de transition qui rompt avec les alliances d’Assad. Marco Rubio explique : « Ces mesures reconnaissent les actions positives et les engagements du gouvernement syrien sous Ahmed al-Sharaa pour éloigner la Syrie du terrorisme international. »

Ce changement politique modifie les équilibres régionaux. Les anciens alliés russes et iraniens du régime Assad se trouvent affaiblis, tandis que Washington voit une opportunité d’intégrer Damas dans une coopération sécuritaire occidentale.

La stratégie Trump : intégrer la Syrie aux structures occidentales de défense

En juin 2025, un ordre exécutif de l’administration Trump lève les sanctions syriennes et l’état d’urgence national, dans le cadre d’une stratégie visant à contrer l’influence chinoise et russe en Méditerranée orientale, où Moscou maintient des bases à Tartous et Hmeimim. Washington souhaite un repositionnement géopolitique rapide en réintégrant la Syrie dans les circuits financiers et militaires occidentaux, cherchant à stabiliser un pays nécessitant de gros investissements pour sa reconstruction.

Simultanément, HTS est retiré de la liste des organisations terroristes. Cela confère au gouvernement al-Sharaa une légitimité internationale nouvelle. Ancienne branche d’al-Qaïda, HTS se présente désormais comme un acteur de stabilisation régionale, engagé contre les réseaux djihadistes concurrents. Cette reconnaissance permet à Damas de négocier des accords de coopération militaire, d’acquérir du matériel de défense et de participer à des exercices avec les forces occidentales, constituant un pari stratégique pour Washington.

Implications opérationnelles : la Syrie dans la coalition anti-Daesh

En novembre 2025, la Syrie rejoint formellement la Coalition mondiale contre l’État islamique, marquant un tournant opérationnel. Les forces syriennes, réorganisées après la chute d’Assad, participent désormais à des opérations coordonnées avec les armées américaine, française et britannique. Malgré des capacités affaiblies par 14 ans de conflit, elles reçoivent soutien logistique et formations des partenaires occidentaux.

Le gouvernement al-Sharaa mène des opérations contre les cellules dormantes de l’État islamique, les réseaux résiduels d’al-Qaïda et les milices pro-iraniennes. La BBC précise que ces actions visent à sécuriser le territoire syrien sans ingérence hostile. Washington fournit renseignement, drones de surveillance et appui aérien ponctuel, permettant à la Syrie de reconquérir des zones longtemps hors de contrôle gouvernemental.

Objectifs géopolitiques : contenir l’influence russe et chinoise en Méditerranée orientale

Le retrait de la Syrie de la liste noire américaine s’inscrit dans une compétition stratégique plus large. Moscou, affaibli par son implication en Ukraine, voit son influence au Levant contestée. Pékin, intéressé par des projets d’infrastructure en Syrie, se trouve devancé par l’initiative diplomatique américaine.

Tom Barrack, envoyé américain en Syrie, qualifie le retrait d' »étape historique » et multiplie les visites à Damas pour renforcer les liens bilatéraux. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent soutient cette mesure, prévoyant un afflux d’investissements occidentaux dans la défense et la reconstruction. Les contacts entre Israël et la Syrie témoignent de ce basculement géopolitique.

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