Israël : quatre puissances européennes appellent à stopper le projet E1 en Cisjordanie

Sept pays, dont la France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni, exigent qu’Israël retire ses appels d’offres pour le projet E1 en Cisjordanie. Ce programme de 3 400 logements menace la continuité territoriale palestinienne et accroît l’instabilité régionale dans un contexte de violences sans précédent.

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Israël : quatre puissances européennes appellent à stopper le projet E1 en Cisjordanie © Armees.com

Alors que la Cisjordanie connaît une instabilité croissante, le projet E1, approuvé en août 2025 et lancé en appel d’offres le 18 août 2026, représente bien plus qu’une expansion coloniale : un enjeu de sécurité régionale majeur qui a poussé quatre puissances européennes de défense à intervenir conjointement. Le 20 août 2026, la France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni, rejoints par les Pays-Bas, la Norvège et le Canada, ont publié une déclaration commune exigeant qu’Israël retire ses appels d’offres pour la construction de 1 200 logements dans cette zone stratégique située entre Jérusalem-Est et la colonie de Maale Adoumim.

E1, un projet de 3 400 logements dans une enclave entre Maale Adoumim et Jérusalem-Est

Le projet E1 s’étend sur 12 kilomètres carrés à l’est de Jérusalem, dans une zone dont la position géographique revêt une importance capitale pour l’équilibre territorial en Cisjordanie. Selon l’ONG israélienne Peace Now, le ministère israélien du Logement a lancé un appel d’offres portant sur plus de 1 200 logements, première tranche d’un programme total de 3 400 unités. La date limite de dépôt des offres est fixée au 19 octobre 2026, soit une semaine avant les élections législatives israéliennes du 27 octobre. L’emplacement de cette zone en fait un verrou territorial qui, une fois urbanisé, relierait physiquement Jérusalem-Est à Maale Adoumim, créant un continuum urbain de peuplement israélien au cœur du territoire palestinien occupé.

La construction du projet E1 diviserait la Cisjordanie en deux blocs géographiques distincts, compromettant la continuité territoriale indispensable à l’établissement d’un État palestinien viable. Les sept pays signataires alertent dans leur déclaration : « La colonie E1 compromettra les perspectives d’une solution à deux États en créant une division à travers la Cisjordanie et en portant atteinte à la continuité territoriale des Territoires palestiniens. » Au-delà de l’aspect politique, cette fragmentation génère des risques sécuritaires concrets. La multiplication des enclaves et des zones de friction augmente mécaniquement les points de contact entre populations, favorisant l’escalade des tensions et compliquant le contrôle militaire du territoire.

France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni : une position commune sur la sécurité régionale

L’initiative diplomatique menée par Paris, Berlin, Rome et Londres marque une convergence rare sur un dossier moyen-oriental. Le ministre britannique Ed Miliband a convoqué le chargé d’affaires israélien et transmis directement le message au ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Sa’ar. Les quatre capitales européennes ont souligné que ces décisions affaiblissent la position d’Israël sur la scène internationale, dans un contexte où la stabilité régionale conditionne les équilibres stratégiques au Moyen-Orient. Le ministre belge Maxime Prévot, bien que non signataire de la déclaration commune, a qualifié les appels d’offres d’inacceptables et dénoncé les colonies comme illégales au regard du droit international.

Avertissement aux entreprises : risques juridiques et réputationnels

Les quatre pays européens ont adressé un avertissement direct aux entreprises susceptibles de soumissionner. « Les entreprises ne doivent pas envisager de soumissionner aux appels d’offres pour ces projets de construction. Elles doivent être conscientes des conséquences juridiques et réputationnelles, notamment du risque de se rendre complices de graves violations du droit international », ont-ils déclaré. Cet avertissement vise à dissuader toute participation privée au projet, en soulignant les implications juridiques potentielles pour les acteurs économiques impliqués dans des activités considérées comme contraires au droit international humanitaire.

Calendrier: appel d’offres et élections israéliennes

Le timing du lancement de l’appel d’offres soulève des questions. La date limite de soumission, fixée au 19 octobre 2026, précède de huit jours les élections législatives israéliennes du 27 octobre. Dans un contexte géopolitique tendu, où les équilibres régionaux se redéfinissent, l’accélération du projet E1 pourrait répondre à des considérations électorales internes. Gideon Sa’ar a rejeté catégoriquement l’appel européen, défendant le droit du peuple juif à vivre en Israël.

La mobilisation diplomatique de sept pays occidentaux, incluant quatre puissances militaires européennes majeures, illustre la dimension sécuritaire que revêt désormais le projet E1. Au-delà des considérations juridiques ou politiques, la fragmentation territoriale de la Cisjordanie représente un facteur de déstabilisation régionale dont les répercussions dépassent largement le cadre israélo-palestinien. La suite dépendra de la capacité des acteurs internationaux à transformer cet appel diplomatique en leviers concrets, alors que la date butoir du 19 octobre approche.

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