Ce pilote réussit l’exploit : six avions abattus en une seule journée et sans jamais se faire toucher

Six victoires en un seul jour, jamais touché par l’ennemi pendant toute la guerre. Comment ce mécanicien autodidacte finlandais est-il devenu l’as absolu des cieux nordiques ? Son parcours dépasse la fiction.

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Ce pilote réussit l’exploit : six avions abattus en une seule journée et sans jamais se faire toucher
Ce pilote réussit l’exploit : six avions abattus en une seule journée et sans jamais se faire toucher © Armees.com

Le 30 juin 1944, le pilote finlandais Ilmari Juutilainen abat six appareils soviétiques : deux chasseurs P-39 Airacobra, deux Yak-9, un La-5 et un bombardier d’assaut Il-2 Sturmovik. Cette journée, restée dans les mémoires et sa meilleure performance de toute la guerre survient seulement deux jours après qu’il a reçu, le 28 juin 1944, sa seconde Croix de Mannerheim, raconte ce média.

Une distinction que seul un autre pilote a reçue deux fois

Cette double décoration fait de lui l’une des quatre seules personnes à avoir reçu la Croix de Mannerheim deux fois, et le seul pilote de chasse dans ce cas hormis Hans Wind. À cette période, sur l’isthme de Carélie, l’Armée rouge vient de frapper les positions finlandaises. Juutilainen racontera plus tard un combat aérien mené face à 400 bombardiers et chasseurs adverses réunis.

Il recevra également, au fil du conflit, la Croix de la Liberté de 3e classe avec feuilles de chêne et épées, deux Croix de la Liberté de 4e classe avec feuilles de chêne et épées, la Médaille de la Liberté de 2e classe, ainsi que les Croix de fer allemandes de 1re et de 2e classe.

D’apprenti mécanicien à pilote autodidacte

Né le 21 février 1914 à Lieksa, Ilmari Juutilainen a grandi à Sortavala, à proximité d’une base de l’Ilmavoimat, l’armée de l’air finlandaise. Mécanicien au sein du 1st Separate Maritime Squadron en 1932, il apprend à piloter par lui-même avant même son engagement officiel. Il rejoint l’Ilmavoimat en 1933, passe par l’école de pilotage de chasse d’Utti, puis est affecté en mars 1939 au Lentolaivue 24.

Sa première victoire aérienne date du 19 décembre 1939 : un bombardier DB-3, abattu alors que la guerre d’Hiver vient de débuter fin novembre. Il vole alors comme ailier d’Eino Luukkanen. Le 31 décembre 1939, il livre son premier véritable combat aérien et remporte une deuxième victoire, un chasseur I-16. La guerre d’Hiver s’achève le 13 mars 1940.

Quand débute la guerre de Continuation, le 25 juin 1941, son escadron vole désormais sur Brewster Buffalo depuis la base de Rantasalmi. Le 9 juillet 1941, Juutilainen livre son premier combat de la Seconde Guerre mondiale et abat deux I-153.

Le 18 août, il en descend trois I-16. Le 20 septembre, il ajoute un Spitfire et un MiG-1 à son tableau de chasse. Sa première Croix de Mannerheim lui est décernée le 26 avril 1942.

En février 1943, il devient membre fondateur du Lentolaivue 34, un nouvel escadron équipé de Messerschmitt Bf 109. Avec d’autres pilotes, il se rend en Allemagne pour se familiariser avec l’appareil avant de revenir en Finlande aux commandes de leurs nouveaux 109G-2.

Le 31 août 1943, il remporte sa première victoire face à un La-5. Sa dernière, un Lisunov Li-2, date du 3 septembre 1944. La guerre de Continuation prend fin le 4 septembre.

Au terme du conflit, le décompte officiel de Juutilainen s’établit à 437 missions effectuées et 94 victoires confirmées, précisément 94,17 selon le calcul officiel. Elles se répartissent entre :

  1. 4 victoires au Fokker D-XXI
  2. 36 au Brewster Buffalo
  3. 54 au Bf 109G-2

Lui-même affirmait pourtant que son total réel avoisinait plutôt 120 victoires.

Il n’a jamais été touché par un tir ennemi. Pendant la guerre, il refuse aussi d’intégrer l’école d’officiers, expliquant qu’il ne voulait pas se rouiller en étudiant loin du front.

Titulaire du grade de Flight Master, équivalent d’adjudant-chef aviateur au sein de l’Ilmavoimat, Ilmari Juutilainen prend sa retraite militaire en mai 1947 et devient pilote de ligne commercial. Il meurt à Tuusula le 21 février 1999, jour de son 85e anniversaire, après avoir vécu assez longtemps pour voir la chute de l’Union soviétique.

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