Les Rafale français ont dû décoller 40 fois en Lituanie depuis avril : les avions suspects se multiplient aux portes de l’Otan

Un Rafale français a détruit un drone au-dessus de la Lettonie, une première historique dans les pays baltes. 40 décollages, 540 heures de vol : les chiffres révèlent une tension qui grimpe en flèche à l’Est.

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Les Rafale français ont dû décoller 40 fois en Lituanie depuis avril : les avions suspects se multiplient aux portes de l'Otan
Les Rafale français ont dû décoller 40 fois en Lituanie depuis avril : les avions suspects se multiplient aux portes de l’Otan © Armees.com

« Sur le plan opérationnel, le missile MICA est utilisé par les forces aériennes françaises dans le monde entier, mais son utilisation ici, pour la première fois dans les pays baltes, afin de détruire un drone au-dessus de la Lettonie, constitue un véritable succès tactique pour l’Otan, la France et les pays baltes », a déclaré le chef du détachement de l’armée de l’Air et de l’Espace engagé en Lituanie.

Le 8 juin 2026, un drone d’attaque présumé ukrainien a été abattu au-dessus de la Lettonie par un Rafale français à l’aide de ce missile air-air. L’épisode s’est produit dans le cadre du déploiement mené depuis la base aérienne de Šiauliai, au titre de la mission Baltic Air Policing de l’Otan.

Un déploiement de quatre mois marqué par une alerte permanente

Ce détachement de quatre Rafale a quitté la Lituanie le 1er août, après quatre mois de présence. Il a été relevé par quatre Eurofighter EF2000 de l’Aeronautica Militare, l’armée de l’air italienne. Durant cette période, les Rafale ont maintenu une alerte de réaction rapide permanente, ce qui a permis à l’Otan de « réagir promptement à d’éventuelles violations de l’espace aérien », selon le bilan dressé par le Commandement aérien allié de l’Otan (AIRCOM).

Au total, les appareils français ont effectué 40 décollages sur alerte, ou « alpha scramble », pour intercepter des aéronefs volant transpondeurs éteints et sans plan de vol déposé dans la région d’information de vol des pays baltes, confirme Opex360. Les Rafale des 4e et 30e escadres de chasse, qui se sont relayés à Šiauliai, ont cumulé 540 heures de vol et participé à 70 exercices.

Ce bilan tranche avec celui du précédent mandat français dans la région, mené entre novembre 2024 et avril 2025. Les Rafale avaient alors décollé sur alerte à dix-huit reprises, pour dix interceptions d’appareils russes.

Roumains et Portugais aussi mobilisés

D’autres forces aériennes de l’Otan ont été sollicitées sur la même période. Six F-16 roumains, déployés en Lituanie, ont accumulé 800 heures de vol et effectué 20 alpha scramble. L’un d’eux a abattu un drone d’attaque ukrainien au-dessus de l’Estonie en mai 2026.

Quatre F-16 portugais, envoyés à Amari, en Estonie, ont réalisé 25 interceptions d’aéronefs non identifiés, soit 75 heures de vol sur un total de 480 heures effectuées.

Ces chiffres traduisent une hausse des menaces aériennes sur le flanc oriental de l’Europe, qu’elles proviennent des forces russes ou de drones d’attaque ukrainiens désorientés. Le Commandement interallié de l’Otan à Brunssum a fait état, sur le réseau social X, d’une hausse de 250 % des décollages sur alerte effectués par les avions de combat engagés dans les missions de type eAP entre juillet 2025 et juillet 2026.

« Des avions militaires russes ont survolé à plusieurs reprises l’espace aérien de l’Otan sans plan de vol ni signal transpondeur, obligeant nos chasseurs à les intercepter et à les identifier », a précisé le Commandement, ajoutant que « chaque interception prouve que l’espace aérien de l’Otan est protégé ».

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