Le MQ-9B SkyGuardian pourra tirer un missile de croisière à 500 km : comment ce drone va changer la donne pour les armées

Un drone qui tire un missile de 275 km de portée : le SkyGuardian franchit un cap. Mais face à la haute intensité, cette arme suffira-t-elle à le rendre vraiment indispensable ?

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Le MQ-9B SkyGuardian pourra tirer un missile de croisière à 500 km : comment ce drone va changer la donne pour les armées
Source : General Atomics | Armees.com

Le drone MALE américain MQ-9B SkyGuardian, fabriqué par l’américain General Atomics, pourra prochainement emporter le missile de croisière à longue portée Joint Strike Missile (JSM). General Atomics et le groupe norvégien Kongsberg l’ont annoncé le 20 juillet, à l’ouverture du salon aéronautique international de Farnborough, au Royaume-Uni.

Les deux entreprises ont finalisé un examen des exigences système et une étude préliminaire de conception visant à intégrer le JSM sur le SkyGuardian. Ces examens ont été menés à bien en Norvège, le 30 juin, selon un communiqué conjoint. Le projet de conception et d’intégration est financé conjointement par les deux groupes.

« Nous reconnaissons la valeur ajoutée du JSM pour notre plateforme MQ-9B », a déclaré Niki Johnson, responsable des acquisitions internationales et des affaires gouvernementales chez General Atomics, qui y voit un exemple de coopération industrielle permettant de « mettre rapidement à la disposition de nos forces armées » de nouvelles capacités.

Jens Gjesrvang, directeur de la division « Missiles et Aérostructures » chez Kongsberg, évoque de son côté un « intérêt croissant dans l’ensemble du secteur de la défense ».

Le JSM est dérivé du missile antinavire Naval Strike Missile. Il affiche une portée d’au moins 275 km et embarque une charge militaire de 120 kg, soit plus d’un quart de sa masse totale. L’engin combine une centrale inertielle, un dispositif GPS, un système de navigation par corrélation de terrain de type TERCOM et un autodirecteur à imagerie infrarouge appuyé sur une base de données de cibles potentielles.

Cette capacité d’intégration devrait intéresser le Japon, l’Allemagne et le Canada, trois pays qui ont déjà commandé à la fois des MQ-9B et des JSM destinés à leurs chasseurs-bombardiers F-35A.

Un drone taillé pour le contre-terrorisme, moins évident en haute intensité

Le drone MALE, comme le MQ-9 Reaper, avait été incontournable lors des opérations de contre-terrorisme et de contre-insurrection des années 2000 et 2010. Sa vulnérabilité le rend en revanche moins adapté au combat de haute intensité.

L’opération « Fureur épique », menée par les États-Unis contre le régime iranien, a pourtant vu l’US Air Force engager massivement ses Reaper. Le général Kenneth S. Wilsbach, chef d’état-major de l’US Air Force, juge ces appareils « très précieux » lors de cette opération, malgré une attrition forte mais jugée prévisible.

Le MQ-9 a permis de détecter des cibles dynamiques et de transmettre du renseignement à d’autres plateformes, chasseurs-bombardiers comme lanceurs de missiles, grâce à sa capacité à survoler longtemps une zone donnée. « Aucune autre plateforme n’arrive à la cheville du MQ-9 en termes de nombre de frappes », a-t-il ajouté.

L’US Air Force souhaite conserver des drones MALE dans son inventaire, à condition qu’ils coûtent beaucoup moins cher qu’un MQ-9, dont le prix avoisine les 30 millions de dollars. Elle a lancé pour cela un appel d’offres baptisé « Massed Modular Aircraft », destiné à se procurer des appareils consommables aux performances proches de celles actuellement disponibles.

General Atomics parie par ailleurs sur d’autres usages du drone MALE, au-delà des frappes, du renseignement et de la patrouille maritime. L’entreprise explore notamment la détection et le commandement aéroporté, l’AEW&C. En mai, elle a fait voler un MQ-9B SkyGuardian équipé de nacelles de détection et de contrôle aéroporté fournies par le suédois Saab.

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