Friedrich Merz annonce que l’Allemagne rejoindra un exercice nucléaire français d’ici 2027 : une première historique

Un Rafale nucléaire français sur une base allemande, un chancelier qui parle de dissuasion partagée : la France ouvre discrètement son arsenal atomique à Berlin. Une première historique dont les contours restent flous.

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Friedrich Merz annonce que l'Allemagne rejoindra un exercice nucléaire français d'ici 2027 : une première historique
Friedrich Merz annonce que l’Allemagne rejoindra un exercice nucléaire français d’ici 2027 : une première historique © Armees.com

L’Allemagne participera à un exercice nucléaire des forces françaises, a annoncé le chancelier allemand Friedrich Merz sur X, à l’issue d’un conseil des ministres franco-allemand tenu à Brühl, près de Cologne. Un pas présenté comme symbolique vers une dissuasion européenne voulue par Paris et Berlin, avec un horizon fixé à 2027.

« L’Allemagne et la France approfondissent leur coopération en défense aérienne. Nous renforçons la dissuasion européenne. Dès cette année, nous prendrons part à un exercice nucléaire des forces armées françaises », a écrit Merz.

La coopération envisagée pourrait porter sur trois volets:

  • l’alerte avancée, notamment les radars,
  • les frappes dans la profondeur,
  • et la défense antimissiles.

Une première étape a déjà été franchie vendredi matin, sur la base aérienne de Nörvenich, où Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron ont tenu un conseil commun de défense et de sécurité en présence d’un Rafale des forces stratégiques françaises.

Dans une déclaration écrite finale commune, les deux dirigeants ont qualifié cette présence de première étape opérationnelle de leur coopération.

Un concept qui exclut tout partage du bouton nucléaire

D’après Le Figaro, cette démarche s’appuie sur le concept de « dissuasion avancée » présenté par Emmanuel Macron le 2 mars dans un discours associant huit pays européens. Le principe permet à des partenaires de participer à des exercices nucléaires français avec des moyens conventionnels, et à la France de déployer temporairement chez eux des Rafale susceptibles d’emporter la bombe atomique.

Mais il exclut tout partage de la décision ultime d’engagement du feu nucléaire, qui demeure une prérogative exclusive du président français.

Paris et Berlin insistent sur un point, régulièrement souligné côté allemand: cette coopération vient compléter, sans s’y substituer, la dissuasion nucléaire de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (Otan). Elle contribuera à renforcer la dissuasion en Europe et à accroître la sécurité du continent, précisent les deux pays dans leur déclaration, tout en respectant leurs obligations juridiques internationales.

L’exercice concerné pourrait être « Poker », mené quatre fois par an par l’armée française pour garantir la crédibilité de sa dissuasion, à l’image des exercices militaires récents. Il s’agit d’une opération aéroportée d’une dizaine d’heures qui simule un raid nucléaire à très basse altitude et à très grande vitesse, face à l’opposition d’une force adverse. Des responsables britanniques avaient déjà pu y assister pour la première fois en décembre.

Après l’échec du Scaf, un projet « plus resserré »

Le rapprochement franco-allemand ne se limite pas au nucléaire. Après l’échec du projet commun d’avion de combat du futur, le Scaf, la France et l’Allemagne ont convenu de travailler sur un standard commun pour assurer l’interopérabilité entre tous les systèmes de combat en vol, des drones aux avions de chasse.

Emmanuel Macron a expliqué que les deux pays avaient tiré une conséquence de l’échec du Scaf en réorientant leur stratégie de défense commune vers des projets beaucoup plus resserrés. Selon lui, les responsables politiques doivent se rapprocher des industriels pour ne pas laisser dériver ces projets.

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