Un Rafale F4 vient de combattre aux côtés d’un drone autonome armé de guerre électronique : les pilotes de chasse n’en reviennent pas

Un drone espion repère la cible, le Rafale frappe sans jamais la voir lui-même. Cet essai franco-français dévoile une nouvelle façon de faire la guerre, plus autonome et redoutablement précise.

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Un Rafale F4 vient de combattre aux côtés d'un drone autonome armé de guerre électronique : les pilotes de chasse n'en reviennent pas
Un Rafale F4 vient de combattre aux côtés d’un drone autonome armé de guerre électronique : les pilotes de chasse n’en reviennent pas © Armees.com

Un Rafale F4 a détruit une cible simulée grâce aux informations transmises par un drone équipé d’une charge de guerre électronique. L’essai, mené par Dassault Aviation et la start-up française Harmattan AI, a été annoncé lundi 13 juillet 2026 à Paris-Saint-Cloud.

Le scénario reposait sur un « engagement collaboratif » entièrement simulé. Un drone porteur de la charge NAMIB a repéré, à plusieurs dizaines de kilomètres, un radar au sol. Il en a localisé la position avec précision avant de transmettre les coordonnées au Rafale, qui a simulé une passe de tir. Selon le communiqué diffusé par les deux entreprises, l’appareil sans pilote aurait volé de façon autonome pendant toute la manœuvre.

Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a salué un vol qui « met en valeur les capacités réelles et concrètes de veille coopérative navale du Rafale ». Il a ajouté que l’architecture du standard F4 permet « de communiquer de manière fluide avec une très grande variété d’acteurs, y compris des forces terrestres », pour exploiter les fonctions de détection et de localisation électromagnétique de NAMIB.

Une charge utile née d’un partenariat conclu en janvier

NAMIB est le fruit d’un partenariat stratégique noué en janvier entre Dassault Aviation et Harmattan AI, une entreprise fondée en 2024. L’objectif affiché à l’époque était d’« accélérer l’intégration de l’autonomie maîtrisée » dans les systèmes de combat aériens. Ce rapprochement s’était inscrit dans la foulée d’un accord entre Dassault et Thales, via sa division CortAIx, ainsi que d’un protocole signé avec l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense.

La charge NAMIB est capable de détecter, d’identifier et de localiser les émissions électromagnétiques des radars de défense anti-aérienne, tout comme les solutions anti-drones développées pour protéger les véhicules militaires. Elle peut être embarquée sur des drones tactiques, qu’il s’agisse de quadricoptères à voilure tournante ou d’appareils à voilure fixe offrant davantage d’endurance.

Sur le terrain, elle joue un rôle proche de celui de la nacelle ASTAC (Analyseur de Signaux TACtiques), que la Direction générale de l’armement prévoit de remplacer par le capteur ELIT AI, développé par Eviden, filiale du groupe Atos.

Mouad M’Ghari, cofondateur et PDG d’Harmattan AI, a résumé l’apport de cette technologie dans le communiqué : « La guerre électronique est devenue un facteur déterminant de la supériorité opérationnelle. Avec NAMIB, nous démontrons qu’il est désormais possible de déployer ces capacités sur des systèmes autonomes légers, au plus près de la menace. »

Il a insisté sur la complémentarité entre les deux entreprises, l’une apportant son expérience des systèmes de combat aérien, l’autre son expertise en autonomie et en intelligence embarquée.

Éric Trappier a lui aussi replacé l’essai dans une logique plus large, celle du « high low mix » : combiner des plateformes complexes et coûteuses, comme le Rafale, avec des effecteurs consommables et autonomes. Une « nouvelle illustration », selon lui, de l’adaptation permanente de l’appareil aux besoins opérationnels.

Le standard F4 du Rafale, décliné en incréments F4.1, F4.2 et F4.3, se distingue justement par une connectivité renforcée pour les opérations en réseau. Il embarque une capacité SATCOM, la Liaison 16 block 2, ainsi que les systèmes TRAGEDAC, qui permet la localisation passive de cibles en mettant en réseau plusieurs avions d’une même patrouille, et CAPOEIRA, dédié à l’amélioration de la connectivité du Rafale.

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