La Marine nationale valide une configuration du Rafale M F4 avec deux bombes de 1 000 kg : une première pour cet avion de chasse

Deux Rafale M, quatre bombes AASM 1000, une cible touchée à chaque coup. La Marine vient de doubler sa puissance de frappe embarquée. Comment ce saut technique change-t-il la donne pour les prochaines missions du Charles de Gaulle ?

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Deux Rafale M et quatre bombes. C’est le bilan d’un essai mené les 6 et 7 juillet par la Marine nationale, qui vient de valider une nouvelle configuration du Rafale M au standard F4 : la capacité à emporter deux bombes AASM 1000 par appareil, soit le double de ce qui avait été démontré jusqu’ici, explique le magazine Capital.

L’opportunité s’est présentée alors que le porte-avions Charles de Gaulle achevait son retour du golfe d’Oman. Le champ de tir grec de Keravia se trouvait presque sur la route, et la Marine en a profité, illustrant ainsi la veille coopérative navale. Deux Rafale M ont décollé du porte-avions, mis en œuvre par le groupe aérien embarqué avec l’appui du Centre d’expérimentations pratiques et de réception de l’aéronautique navale (CEPA/10S).

Chaque avion embarquait deux AASM 1000, une nacelle Talios, deux missiles MICA et deux réservoirs externes. Les quatre bombes ont toutes touché la cible désignée, selon les images de l’évaluation.

La Marine qualifie cet essai de « première » qui permet de « valider une nouvelle capacité opérationnelle ».

Un saut par rapport à décembre

L’AASM 1000 associe des modules de guidage et d’augmentation de portée au corps d’une bombe classique d’environ une tonne. Seul le Rafale porté au standard F4 peut la mettre en œuvre. Or l’appareil ne dispose que de cinq points d’emport adaptés à l’armement lourd sur treize au total, pour une masse à vide d’environ dix tonnes : faire tenir deux bombes de cette catégorie sur un même avion n’avait rien d’acquis.

En décembre 2025 déjà, lors du stage de mise en condition opérationnelle (MECO) précédant la mission La Fayette 26, le Charles de Gaulle avait catapulté deux Rafale M dont un seul armé d’un AASM 1000, positionné à l’ouest de la Corse.

La cible, déjà, se trouvait sur le champ de tir de Keravia. L’AASM 1000 venait tout juste d’être déclarée pleinement opérationnelle par l’armée de l’Air et de l’Espace et par la Marine. Sept mois plus tard, le doublement de la charge change la donne pour les missions à venir : faire voler deux bombes par appareil plutôt qu’une seule laisse entrevoir une puissance de frappe accrue sans multiplier les sorties. La Marine n’a pas détaillé davantage ce gain.

Autre capacité validée durant la mission La Fayette 26 : catapulter n’importe quel aéronef pendant un ravitaillement à la mer, une phase où le porte-avions est habituellement moins réactif face à une menace.

166 jours en mer et 3 400 catapultages

La mission avait débuté par l’exercice Orion 26, avant un déploiement dans l’Atlantique Nord et la Baltique. En mars, le Charles de Gaulle avait mis le cap sur la Méditerranée orientale pour assurer la protection de la République de Chypre, puis franchi le canal de Suez en direction du golfe d’Oman.

Là-bas, le porte-avions s’est tenu prêt à participer à une opération de rétablissement de la navigation dans le détroit d’Ormuz, un programme largement bousculé par les frappes américano-israéliennes contre l’Iran.

Le Charles de Gaulle est rentré à Toulon le 11 juillet 2026, au terme de l’un des plus longs déploiements de son histoire : 166 jours en mer, 3 400 catapultages et 5 000 heures de vol.

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