Ormuz : Iran et USA continuent d’échanger des tirs

Les États-Unis ont relancé le 14 juillet 2026 leur blocus naval contre l’Iran et mené des frappes massives dans le détroit d’Ormuz, marquant la fin du cessez-le-feu établi en juin. Cette escalade militaire, déclenchée après plusieurs attaques iraniennes contre des navires commerciaux, fait flamber les cours du pétrole et replonge la région dans un cycle de représailles dont l’issue demeure incertaine.

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Navire américain ciblé par des missiles iraniens, les États-Unis récuse ce scénario
Ormuz : Iran et USA continuent d’échanger des tirs © Armees.com

Le détroit d’Ormuz connaît une nouvelle escalade militaire majeure. Après un mois de cessez-le-feu fragile, les États-Unis ont relancé le 14 juillet 2026 leur blocus naval contre l’Iran et mené une série de frappes aériennes massives. La reprise des hostilités intervient alors que le mémorandum d’entente signé entre Washington et Téhéran en juin dernier semble définitivement enterré. Les attaques iraniennes contre des navires commerciaux et les représailles américaines marquent un retour à la situation qui prévalait avant la trêve, avec des conséquences immédiates sur les cours du pétrole et la sécurité maritime mondiale.

Le commandement central américain (CENTCOM) a confirmé avoir frappé des dizaines de cibles militaires iraniennes durant une opération de sept heures dans la nuit du 14 au 15 juillet. Selon les informations diffusées par CBS News, les frappes ont visé des installations de missiles et de drones, des capacités navales ainsi que des systèmes de défense côtière près du détroit d’Ormuz et le long du littoral iranien. L’objectif affiché : dégrader davantage la capacité de l’Iran à menacer la navigation commerciale et les équipages civils.

Reprise des hostilités dans le détroit d’Ormuz

La journée du 14 juillet a marqué un tournant dans le conflit opposant Washington à Téhéran. À 16 heures (heure de la côte Est américaine), les forces navales américaines ont officiellement rétabli le blocus des ports iraniens. Plus de vingt navires de guerre américains et des centaines d’appareils militaires se trouvaient déployés au Moyen-Orient au moment de l’annonce, selon le CENTCOM.

Le rétablissement du blocus fait suite aux attaques iraniennes contre sept navires commerciaux au cours de la semaine précédente. L’amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM, a déclaré dans un communiqué publié sur X que les agressions avaient causé la mort, la disparition ou des blessures à environ une douzaine de membres d’équipage. « Les forces américaines tiennent l’Iran responsable d’une agression injustifiée qui continue de mettre en danger des vies innocentes », a-t-il affirmé, soulignant que Téhéran avait « intentionnellement » ciblé des civils.

Quelques heures après le rétablissement du blocus, les opérations aériennes américaines ont débuté. Des chasseurs, des drones et des navires de guerre ont lancé des munitions de précision contre des sites militaires iraniens situés principalement dans la région du détroit d’Ormuz. Les villes portuaires de Bandar Abbas et Sirik, déjà fréquemment frappées depuis le début du conflit en février 2026, ont de nouveau été la cible d’explosions, selon les médias d’État iraniens.

Sept heures d’opérations nocturnes

Durant les sept heures d’opération nocturne, l’aviation et la marine américaines ont systématiquement détruit des infrastructures militaires iraniennes. Il s’agissait de la quatrième nuit consécutive de frappes américaines contre l’Iran, marquant une intensification sans précédent depuis la signature du mémorandum d’entente en juin.

La riposte iranienne ne s’est pas fait attendre. Dès le début de la nuit, le Koweït a signalé avoir détecté et intercepté 33 drones, cinq missiles de croisière et un missile balistique. L’armée koweïtienne a précisé dans un communiqué que « l’agression iranienne a entraîné le ciblage de plusieurs installations vitales et civiles, avec des débris tombant à divers endroits du pays, causant des dégâts matériels ». Un navire de guerre koweïtien a également été touché, blessant quatre militaires. Bahreïn a pour sa part activé ses sirènes d’alerte, tandis que le Koweït annonçait au petit matin (heure locale) faire face à de « nouvelles attaques de drones hostiles » en provenance d’Iran.

Les attaques contre les alliés américains du Golfe illustrent la stratégie iranienne consistant à frapper les partenaires régionaux de Washington pour compenser son infériorité militaire conventionnelle face aux États-Unis.

Flambée immédiate des cours du pétrole

La reprise des hostilités a provoqué une flambée immédiate des cours du pétrole. Le brut West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en août a progressé de 1,01% pour atteindre 80,14 dollars le baril, tandis que le Brent de septembre, référence internationale, gagnait 1,23% à 85,77 dollars. Selon les données rapportées par CNBC, le Brent a même bondi de 5% dans la journée du 14 juillet, atteignant 87,49 dollars le baril, son niveau le plus élevé depuis le 12 juin.

Saul Kavonic, analyste senior de l’énergie chez MST Marquee, a souligné que « la dernière escalade montre à quel point les attentes d’une réouverture rapide du détroit étaient prématurées ». Dans un courriel adressé à CNBC, il a ajouté : « Les hostilités et le blocus réimposé remettent le conflit sur une trajectoire d’escalade. Le pétrole pourrait retester les 100 dollars si l’intensité actuelle des hostilités persiste pendant quelques semaines, ou monter encore plus haut si les infrastructures pétrolières régionales sont ciblées. »

Le détroit d’Ormuz représente un point de passage stratégique pour environ 20% du pétrole et du gaz naturel mondial. Selon les données de Kpler, entreprise spécialisée dans l’analyse du trafic maritime et des matières premières, seulement dix navires ont emprunté le détroit le 13 juillet, témoignant de la paralysie quasi-totale du trafic commercial dans la zone.

Volte-face de Trump sur les péages maritimes

Dans un revirement spectaculaire, le président Donald Trump a abandonné en moins de 24 heures son projet de taxe de 20% sur les cargaisons transitant par le détroit d’Ormuz. Le 13 juillet, il avait annoncé sur Truth Social que tous les navires, y compris ceux des alliés américains, devraient s’acquitter d’une redevance pour « rembourser les États-Unis de tous les coûts nécessaires pour assurer la sécurité de cette section très volatile du monde ».

Face aux critiques de l’industrie maritime et aux questions juridiques soulevées par la proposition, Trump a publié un nouveau message le 14 juillet indiquant qu’il avait « décidé de remplacer » la taxe par des « accords commerciaux et d’investissement » avec les États du Golfe. Le volte-face révèle les difficultés du président américain à trouver une issue politique à un conflit qui s’enlise.

Comme l’a rappelé Marco Rubio, secrétaire d’État américain, le mois précédent : « Aucun pays n’est autorisé à imposer des péages ou des frais sur une voie navigable internationale. C’est le droit international existant. C’est ainsi dans les voies navigables internationales du monde entier, et c’est ce que nous attendons ici. » La proposition de Trump entrait donc en contradiction directe avec la position officielle de son propre gouvernement.

Un mémorandum d’entente désormais caduc

Le mémorandum d’entente signé entre Washington et Téhéran en juin 2026 apparaît désormais caduc. Le document, intentionnellement vague, prévoyait notamment qu’« la République islamique d’Iran prendra des dispositions en déployant ses meilleurs efforts pour le passage sûr des navires commerciaux sans frais ». Il incluait également des milliards de dollars d’investissements promis à l’Iran et la levée des sanctions internationales.

Rosemary Kelanid, directrice du programme Moyen-Orient à Defense Priorities, a déclaré à la BBC : « Le mémorandum d’entente est complètement mort. Toutes les stipulations qu’il contenait ont maintenant été annulées. » Selon elle, « le dénouement le plus probable est un non-dénouement. Cela s’est transformé en guerre d’usure, et les guerres d’usure ont tendance à durer très, très longtemps ».

Les États-Unis et l’Iran se retrouvent dans une impasse stratégique. Washington dispose d’une supériorité militaire écrasante, mais Téhéran conserve la capacité de bloquer le détroit d’Ormuz et de frapper les alliés régionaux américains. Elliot Abrams, chercheur senior pour les études moyen-orientales au Council on Foreign Relations, résume la situation : « Nous sommes revenus à la question initiale : qui a le plus de patience ? Les Iraniens, qui ne pourront pas exporter de pétrole, ou les États-Unis et les autres pays qui utilisent le pétrole du Golfe Persique ? »

Menaces d’escalade et perspectives

Le président Trump a annoncé lors d’une interview accordée à Fox News que les frappes américaines pourraient devenir « vraiment terribles » la semaine prochaine. « Nous allons les frapper très fort ce soir. Nous allons les frapper très fort demain soir. Nous allons les frapper très fort après-demain soir », a-t-il déclaré, ajoutant : « Et puis la semaine prochaine, ça devient vraiment terrible pour eux, parce que la semaine prochaine, ce seront les centrales électriques, la semaine prochaine, ce seront les ponts. »

Trump a précisé : « Nous allons détruire toutes leurs centrales électriques, nous allons détruire tous leurs ponts. À moins qu’ils ne viennent à la table et ne négocient. » Les menaces de frappes contre des infrastructures civiles soulèvent des questions juridiques, les experts rappelant que de telles attaques peuvent constituer des crimes de guerre, bien que l’administration Trump affirme ne viser que des cibles légitimes utilisées par l’armée.

Le président a également mentionné que ses représentants avaient transmis un message à Téhéran plus tôt dans la journée, les exhortant à « conclure un accord ». « Nous faisons très attention à la population civile, comme vous le savez. Mais j’ai dit : ‘Vous feriez mieux de conclure un accord, il ne vous restera plus rien’ », a-t-il affirmé.

Sur le plan financier, le département du Trésor américain a annoncé le 14 juillet avoir gelé plus de 130 millions de dollars d’actifs numériques détenus dans des portefeuilles contrôlés par la Banque centrale d’Iran. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a déclaré sur X : « Nous continuerons de suivre agressivement l’argent et de priver le régime iranien de l’accès aux revenus de ses systèmes de revenus illicites. »

Parallèlement, l’administration américaine a imposé des sanctions à des dizaines de personnes, d’entreprises et de navires prétendument liés au magnat iranien du transport maritime Mohammad Hossein Shamkhani. Fils d’un responsable de la sécurité iranienne, Shamkhani dirige ce que le département du Trésor américain décrit comme un « vaste empire maritime » transportant du pétrole iranien et russe.

Réorganisation des routes maritimes

Au moins 29 navires ont été attaqués par l’Iran dans le golfe Persique entre le 1er mars et le 13 juillet 2026, d’après l’Institute for the Study of War et le Critical Threats Project de l’American Enterprise Institute. Les attaques ont contraint les compagnies maritimes à repenser complètement leurs itinéraires.

Avant le conflit, les navires utilisaient deux couloirs séparés d’environ deux miles de large chacun dans le détroit d’Ormuz : l’un pour entrer dans le golfe Persique, l’autre pour en sortir, avec une zone tampon d’environ deux miles entre les deux. Après le début de la guerre, l’Iran a dirigé les navires vers une route maritime septentrionale, dans les eaux territoriales iraniennes, plus proche des îles de Qeshm et Larak, large d’environ cinq miles à son point le plus étroit. La configuration permettait aux autorités iraniennes d’inspecter ou d’escorter les navires.

En coordination avec l’Organisation maritime internationale (OMI), Oman a établi un couloir maritime temporaire pour aider les navires à transiter en toute sécurité. CNN et criticalthreats.org ont représenté la route comme un corridor unique au sud de la voie de navigation existante, protégé ou soutenu par les forces américaines. La largeur exacte du couloir n’a pas été divulguée publiquement.

Le blocus actuellement en vigueur est essentiellement identique à celui annoncé par Trump le 14 avril 2026. Il avait été levé le 18 juin après la signature du mémorandum d’entente. Lors de sa précédente mise en œuvre, le CENTCOM avait indiqué avoir fait demi-tour à plus de 140 navires commerciaux et frappé certains navires qui, selon lui, ne s’étaient pas conformés aux instructions. Des dizaines de navires transportant de l’aide humanitaire avaient été autorisés à poursuivre leur route.

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