Trente-six nations étrangères et plus de 6 000 soldats étrangers descendront les Champs-Élysées le 14 juillet, aux côtés de près de 10 000 militaires français, environ 300 véhicules et plus de 120 aéronefs. Présidée par Emmanuel Macron, cette édition affiche une ambition claire : illustrer ce que l’armée de Terre appelle le « réveil stratégique de l’Europe ».
La nouveauté la plus visible tient à la manière dont le défilé a été pensé. Plutôt qu’un simple enchaînement de régiments, l’organisation reproduit cette année l’ordre théorique de déploiement d’une force sur un théâtre d’opérations, du renseignement jusqu’au ravitaillement, confirme le Ministère des Armées. Une synchronisation inédite entre troupes au sol et appui aérien complète le dispositif, aux côtés d’une veille coopérative navale renforcée avec les forces de sécurité intérieure.
Près de 500 soldats de la coalition des volontaires ouvrent le défilé
Fait présenté comme une première dans l’histoire du défilé militaire français : le cortège des troupes à pied sera ouvert par des militaires issus des 35 nations de la « coalition des volontaires », initiative lancée par la France et le Royaume-Uni pour soutenir l’Ukraine. Près de 500 soldats étrangers marcheront ainsi en tête, aux côtés de représentants de l’Union européenne et de l’OTAN, plus de 30 nations étant représentées sur l’avenue.
Le carré de tête reflète directement l’engagement français sur le flanc est de l’Europe. Il réunit le 501e régiment de chars de combat, qui représente le bataillon multinational de l’OTAN déployé en Roumanie, et le 3e régiment d’artillerie de marine, qui symbolise les forces de l’OTAN stationnées en Estonie.
Les experts du groupe de plongeurs-démineurs de la Méditerranée et les militaires de la brigade aérienne de l’aviation de chasse et de la brigade des forces spéciales complètent ce carré.
Le 501e RCC, héritier du premier assaut blindé de l’histoire mené en 1917 à Berry-au-Bac, rénove actuellement ses chars Leclerc en versions XL-R et DCL-R dans le cadre du programme Scorpion. Le 3e RAMa, dont l’étendard porte douze noms de bataille, appuie la manœuvre terrestre par le renseignement, l’observation et les feux, avec ses canons Caesar et ses mortiers Mepac.
Le corps d’armée et la division remplacent brigades et régiments à l’honneur
Le défilé motorisé met en avant, pour la première fois avec un tel relief, les nouvelles structures de commandement dites « Alpha », créées en 2024. L’objectif : une première division projetable en 30 jours d’ici 2027, puis un corps d’armée en ordre de bataille pour 2030.
Un détachement d’une trentaine de personnels du Centre interarmées des actions sur l’environnement et de la 712e compagnie de transmissions, deux unités du Commandement des actions spéciales Terre, emmènera à lui seul 299 véhicules.
Autour de la 9e brigade d’infanterie de marine (10 000 soldats d’active et de réserve), plus de 70 blindés Griffon, Jaguar et Serval défileront, dont quatre Griffon pilotés par l’armée belge. Ce détachement, emmené par le major Grégory Verschueren, chef de corps de l’école d’infanterie belge, illustre le partenariat capacitaire CaMo dont le volet matériel est désormais lancé.
Le 11e régiment d’artillerie de marine présentera pour sa part deux systèmes V3P Pamela, variante « Mistral 3 » d’un porteur Scania destinée à remotoriser la défense sol-air basse couche de l’armée de Terre.
Un escadron de drones dévoilé, avant un exercice à Mailly-le-Camp
Autre première : l’escadron de drones de chasse imaginé et expérimenté par le 1er régiment d’infanterie de marine sera présenté publiquement pour la première fois. Une vingtaine de marsouins manœuvreront cinq Ford Ranger, chacun embarquant une « meute » de drones de renseignement, d’attaque et de munitions téléopérées.
Devenue prototype en avril 2026, cette unité doit être élargie à cinq autres régiments de l’armée de Terre. Elle rejoindra dès la semaine suivant le défilé le centre d’entraînement au combat de Mailly-le-Camp, où elle sera opposée à une force adverse armée par la 7e brigade blindée.
Le 61e régiment d’artillerie, surnommé « les yeux de l’armée de Terre », présentera deux drones DT 61 du droniste toulousain Delair, montés sur un camion GBC 180. Ce système à décollage vertical, doté de 7 heures d’autonomie et d’une portée de 100 kilomètres, doit être le premier de ce type en dotation dans l’armée française ; il sera exposé la semaine suivante au salon Eurosatory.
Côté transmissions, le 41e régiment de transmission complète le kit Hydre, dévoilé en 2025, avec un nouveau kit baptisé Ghost, développé par le 28e régiment de transmissions avec l’appui du 92e régiment d’infanterie. Il permet à un poste de commandement tactique de basculer entre réseaux 4G/5G, satellites civils et radio militaire en cas de brouillage.
Un unique Leclerc XLR transporté par les tringlots
Sur l’avenue, un seul char Leclerc au standard XLR sera présenté, non pas roulant mais transporté sur un porte-engin blindé conduit par le 515e régiment du train. Une mission habituellement confiée à d’autres unités logistiques, souligne l’armée de Terre, qui y voit une manière de rappeler que ces régiments d’appui, souvent relégués en fin de cortège, restent indispensables : sans eux, aucun véhicule ne tiendrait longtemps sur un théâtre d’opérations.
Le ballet aérien mobilisera près d’une centaine d’aéronefs, dont 90 appareils français et huit alliés. Il sera ouvert, comme le veut la tradition, par les Alphajets de la Patrouille de France en bleu-blanc-rouge, puis inauguré par deux Mirage 2000 pilotés par des pilotes ukrainiens. Le 1er régiment d’hélicoptères de combat, basé à Phalsbourg et équipé de Tigre, Gazelle et Caïman, est mis à l’honneur avec 14 aéronefs de l’armée de Terre survolant les Champs-Élysées.








