Le Rafale est de nouveau au centre de l’actualité de la défense : selon le magazine Science et Vie, l’Inde s’apprêterait à commander 114 Rafale pour 33 milliards d’euros. Un tel achat renforcerait les capacités aériennes indiennes, mais New Delhi assortit sa demande de conditions strictes et peu courantes.
Avec cette commande, l’Inde confirme son attachement au Rafale, après les 36 exemplaires déjà acquis en 2018. Ce regain d’intérêt tient en partie aux résultats de l’appareil pendant l’opération Sindoor, qui a convaincu le général Nagesh Kapoor, numéro deux de l’armée de l’air indienne. Le ministère indien de la Défense présente cet achat comme un moyen de renforcer la supériorité aérienne du pays face aux conflits actuels et à venir.
Quelles conditions et quelles exigences techniques ?
Au-delà du nombre d’appareils, l’Inde a posé plusieurs exigences industrielles. Sur les 114 Rafale, 94 doivent être assemblés en Inde, et au moins 50 % des composants doivent être fabriqués localement, une condition destinée à soutenir l’industrie aérospatiale du pays.
New Delhi réclame aussi l’accès aux documents de contrôle d’interface et veut pouvoir intégrer ses propres armements, notamment le missile de croisière BrahMos NG et le missile air-air Astra.
Le Conseil d’acquisition a donné son feu vert à la commande. Trois mois plus tard, une lettre de demande a été officiellement transmise à la France, qui dispose d’un délai de deux à trois mois pour répondre. Les autorités indiennes espèrent conclure les négociations d’ici un an ; une fois l’accord finalisé, le parc devrait compter 176 Rafale au total. Une partie de cet arsenal, le Rafale Marine, reviendra à la marine, qui envisage de son côté de commander 31 appareils supplémentaires.
Qui est impliqué dans les négociations ?
L’Inde et la France sont les deux principaux acteurs de ce dossier, qui vient renforcer leur coopération militaire. Côté indien, le ministère de la Défense, le Conseil d’acquisition et l’état-major de l’armée de l’air sont impliqués. Côté français, Dassault Aviation, constructeur du Rafale, occupe une place centrale, aux côtés de Thales et Safran, chargés respectivement de l’intégration et de la fourniture des systèmes.
Une visite diplomatique doit marquer la suite du dossier : le Premier ministre indien, Narendra Modi, se rendra en France à la mi-juin, un déplacement qui pourrait peser sur les discussions bilatérales.
Enjeux stratégiques et conséquences internationales
Cette commande s’inscrit dans le programme de modernisation de l’IAF. L’armée de l’air a récemment retiré du service ses derniers MiG-21 « Bison », signe du besoin de renouveler la flotte. L’Inde cherche à renforcer sa capacité de frappe offensive et sa protection face à diverses menaces, dans un climat géopolitique tendu, notamment vis-à-vis du Pakistan, théâtre de l’opération Sindoor.








