Le missile antinavire russe armes hypersoniques 3M22 Zircon, initialement conçu pour détruire des navires de surface, est aujourd’hui utilisé de manière plus intensive dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine, visant surtout des cibles terrestres. Avec une vitesse hypersonique atteignant 7,5 Mach (soit environ 9 200 km/h), le Zircon pose un défi pour la défense ukrainienne. Le problème vient autant de ses caractéristiques techniques de pointe que du manque important de systèmes intercepteurs adaptés pour faire face à ces attaques rapides et imprévisibles.
Ce qui rend le Zircon si redoutable
Le missile affiche une portée d’environ 1 500 km et peut évoluer à une altitude de 30-40 km, suivant une trajectoire balistique qui le rend difficile à suivre et à intercepter. Construit en deux étages, son premier étage utilise un propergol solide et le second un statoréacteur, une technologie mise en lumière par RBC-Ukraine. La précision du Zircon repose sur des satellites ou des avions de reconnaissance, ce qui limite les écarts par rapport à la cible.
Anton Zemlyany, analyste au Centre ukrainien pour la sécurité et la coopération, souligne : « Si nous avions disposé d’un nombre suffisant de missiles intercepteurs pour les systèmes Patriot, nous aurions réussi à relever ce défi avec les Zircons. »
Avec un temps de vol compris entre 3 et 6 minutes depuis des zones comme la région de Koursk, le Zircon laisse très peu de temps à la défense et aux populations pour réagir. Cela augmente l’effet de surprise et l’efficacité des frappes.
Ce que ça change pour la défense aérienne ukrainienne
Malgré ses efforts, la défense aérienne ukrainienne rencontre des difficultés marquées face à ces missiles. La pénurie de missiles intercepteurs PAC-3 pour les systèmes Patriot, considérés nécessaires pour neutraliser le Zircon, est un obstacle important. L’Ukraine a réussi quelques interceptions par le passé, mais sa capacité à arrêter ces attaques s’affaiblit à cause de cette pénurie, aggravée par l’incapacité des États-Unis à fournir ces intercepteurs « en temps opportun ».
Lors de l’attaque attribuée à Moscou dans la nuit du 1er au 2 juin, huit unités de Zircon ont été lancées sans qu’aucune ne soit abattue, illustrant la menace persistante et l’urgence de renforcer les défenses ukrainiennes.
Et à l’international, ça donne quoi ?
Les performances opérationnelles des Zircons, combinées à un rythme de production russe d’environ 10 unités par mois, mettent la pression sur les partenaires internationaux de l’Ukraine pour renforcer les capacités de défense anti-aérienne. Les États-Unis, ainsi que d’autres partenaires comme l’Europe avec leurs systèmes SAMP/T (système sol-air), sont sollicités pour accroître les moyens d’interception, y compris le système Sky Sentinel. La menace posée par les Zircons est déjà comparée à celle d’autres missiles comme les Kh-101 et Kalibr, ce qui rend indispensable un effort collectif pour soutenir la innovation militaire et la défense ukrainienne.








