Le projet Baikal, pensé au départ comme le digne remplaçant de l’An-2, est en pleine crise. Lancé par Moscou en 2019, ce programme ambitieux devait moderniser et remplacer une flotte d’appareils soviétiques vieillissante. Mais un rapport récent montre que le projet est bloqué, et qu’il oblige l’État russe à prendre des décisions coûteuses tout en laissant un vide possible dans le transport aérien régional.
Baikal en péril
Visant à succéder à l’An-2, Baikal avait un calendrier serré avec une mise en production prévue pour 2024. Le projet est maintenant retardé, voire paralysé, à cause d’« erreurs dramatiques » que les concepteurs jugent « graves », des obstacles techniques qui exigent une refonte complète de l’appareil. Ces défauts exigent une refonte complète de l’appareil, une situation qui plombe le projet depuis mai 2025. Malgré une enveloppe d’environ 35 millions d’euros pour le développement initial, Baikal bute sur des difficultés techniques et financières bien plus lourdes que prévu.
Ce revers coûte cher à la Russie et révèle une forte dépendance technologique à des solutions temporaires mais fonctionnelles pour ses besoins de transport aérien régional. Les défaillances du Baikal poussent Moscou à envisager des décisions difficiles pour combler le manque d’appareils opérationnels.
Moderniser les An-2 : une solution provisoire
Face au blocage du Baikal, la Russie envisage de remettre à niveau sa flotte d’An-2, une situation comparable à la modernisation de la flotte de l’Amiral Kouznetsov. Un haut responsable russe confirme que plusieurs centaines de ces avions de conception soviétique, construits initialement peu après la Seconde Guerre mondiale, seront remis en service. Cette décision a été rapportée par Le Parisien pour répondre à l’urgence du transport aérien régional.
L’Institut de recherche aéronautique sibérien (SibNIA) propose de restaurer et moderniser environ 700 An-2 aujourd’hui stockés. Ces appareils auraient utilisé seulement 25 à 30 % de leur durée de vie, ce qui permettrait de les exploiter « pour les cinq à sept prochaines années ». Les An-2 n’ayant pas de limite de service fixe, ils pourraient, après modernisation, théoriquement voler jusqu’en 2100, offrant une solution temporaire aux lacunes actuelles.
La modernisation inclurait le remplacement des moteurs et l’amélioration des cockpits, pour un coût estimé entre 170 000 et 250 000 € par appareil. Remettre en état la flotte stockée reviendrait à environ 210 millions d’euros au total, un montant surtout lié aux importations parallèles de pièces, une contrainte lourde pour le projet.








