34 soldats condamnés définitivement pour crimes contre l’humanité figuraient encore dans les rangs de l’armée, les procureurs ont dû intervenir

L’Armée argentine a radié 34 militaires, symbolisant un tournant dans la quête de justice.

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34 soldats condamnés définitivement pour crimes contre l'humanité figuraient encore dans les rangs de l'armée, les procureurs ont dû intervenir
34 soldats condamnés définitivement pour crimes contre l’humanité figuraient encore dans les rangs de l’armée, les procureurs ont dû intervenir © Armees.com

L’Armée argentine a pris une mesure forte en radiant 34 militaires condamnés pour crimes contre l’humanité, affirme le magazine La Nacion. Cette décision pose beaucoup de questions sur les responsabilités historiques de l’institution et sur son engagement actuel envers la justice. Les radiations ont été demandées par la Procuraduría de Investigaciones Administrativas (PIA) et interviennent 50 ans après le coup d’État de 1976.

Une décision sous pression

La radiation a été ordonnée par le chef de l’Armée, le général de division Oscar Santiago Zarich, après une demande formelle de la PIA (un organe indépendant chargé de garantir la transparence administrative). La procédure, tardive sur le plan administratif, respecte toutefois les obligations légales qui exigent la radiation définitive des militaires condamnés de façon ferme pour crimes de lèse-humanité. Dr. Sergio Leonardo Rodríguez, directeur de la PIA, a insisté sur la nécessité d’un « cadre juridique clair » pour justifier ces mesures.

Parmi les radiés, on compte 33 sous-officiers ; ils perdent leur statut militaire et les avantages liés à ce statut, comme les pensions et la couverture santé. C’est une rupture nette avec les privilèges dont certains continuaient de bénéficier après leurs condamnations.

Chronologie et retombées politiques

La décision tombe dans un climat politique tendu, au moment où l’on commémore le demi-siècle du coup d’État. Juan Daniel Amelong, l’un des militaires concernés, symbolise ce passé lourd : il cumule sept condamnations, dont trois peines perpétuelles. Le meurtre de son père à Rosario par les Montoneros, évoqué lors d’un débat politique en novembre 2023, a relancé les discussions sur la justice sélective et les plaies encore ouvertes de la dictature.

Le ministre de la Défense actuel, Carlos Alberto Presti, a pris la suite de Luis Petri, qui avait déjà lancé la radiation de 23 militaires début 2025. Le processus témoigne d’une volonté renouvelée de l’État de revenir sur ce chapitre sombre, même si le rapport de la PIA déplore une « absence de politique d’État coordonnée ».

Qui sont les responsables

La liste des militaires radiés comprend de nombreux hauts gradés, ce qui reflète l’échelle des responsabilités mises en cause à l’époque. On y trouve des lieutenants-colonels comme Juan Daniel Amelong, Rafael Mariano Braga, Jorge Alberto Fariña, ainsi que des commandants tels que Gustavo Adolfo Alsina et Jorge Humberto Appiani. Les capitaines Enrique José Berthier et Walter José Grosse figurent aussi sur cette liste exhaustive, de même que les sous-officiers majeurs Carlos Ibar Pérez et Luis José Ricchiuti.

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