Emmanuel Macron, président de la République française, a annoncé le lancement d’une mission internationale destinée à rouvrir le détroit d’Ormuz, vital pour la circulation mondiale du pétrole. Le projet arrive sur fond de tensions géopolitiques intensifiées au Moyen-Orient, marquées par une offensive israélo-américaine contre l’Iran lancée le 28 février et par des incidents notables, comme l’attaque par drone de l’aéroport militaire de Paphos à Chypre. L’importance stratégique de l’opération tient à la nécessité d’assurer le libre passage du pétrole, ce qui influe fortement sur l’économie mondiale.
Une mission plutôt défensive
La mission, qualifiée de « posture défensive » par Emmanuel Macron, a pour but d’escorter les navires dans le détroit d’Ormuz et de garantir la sécurité maritime, indispensable pour l’économie mondiale. Les frappes en cours au Moyen-Orient et la « guerre en Iran » ont rendu le détroit impraticable, perturbant le transit d’environ 20 % du commerce mondial de pétrole.
Le 9 mars, le président a exprimé son intention de coopérer avec des partenaires européens et non européens pour sécuriser cette voie maritime stratégique. La France prévoit de déployer des moyens militaires importants : huit frégates, deux portes-hélicoptères amphibies, et le porte-avions Charles de Gaulle, qui se trouve actuellement au large de la Crète après avoir été dirigé vers la Méditerranée orientale, dans le cadre d’un déploiement militaire.
Des alliances et des coopérations renforcées
La France a engagé des discussions avec l’Inde et d’autres pays asiatiques pour évaluer les effets de la crise actuelle. Au niveau européen, la coopération passe aussi par l’opération Aspides, une initiative de l’Union européenne mise en place en 2024 en mer Rouge, dans laquelle la France s’engagera activement avec la contribution de deux frégates « dans la durée ».
Parmi les partenaires européens clés figurent la Belgique, l’Estonie, la Finlande, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, les Pays-Bas et la Suède. Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a insisté sur le fait que les actions menées sont « strictement défensives », affirmant l’engagement commun à protéger Chypre et, par extension, l’Europe, face aux menaces régionales.
Sécurité : une situation complexe
L’attaque contre Chypre a été perçue comme une atteinte directe à l’Europe, et elle a renforcé la détermination des pays européens. Emmanuel Macron a résumé la posture en déclarant : « lorsque Chypre est attaquée, c’est l’Europe qui est attaquée », rapporte BFMTV. La nécessité de sécuriser le détroit d’Ormuz, accentuée par la hausse des prix du pétrole liée à son impraticabilité, a aussi conduit à évoquer un possible ajustement stratégique dans le Golfe, selon le ministère des Armées français.








