Sécurité dans les transports : les agents de sûreté testent les pistolets électriques

Les agents de sûreté de la SNCF et de la RATP vont pouvoir porter des pistolets à impulsions électriques à titre expérimental. Le décret, publié le 19 février 2026, marque un tournant sécuritaire dans les transports publics. Entre encadrement strict, formation obligatoire et montée en puissance progressive, l’État assume une doctrine d’intervention intermédiaire.

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Sécurité dans les transports : les agents de sûreté testent les pistolets électriques
Sécurité dans les transports : les agents de sûreté testent les pistolets électriques © Armees.com

Les agents de sûreté de la SNCF et de la RATP face aux pistolets à impulsions électriques

Le 19 février 2026, un décret publié au Journal officiel a autorisé, à titre expérimental, certains agents de sûreté de la SNCF et de la RATP à porter des pistolets à impulsions électriques. Dès lors, les agents de sûreté concernés pourront disposer de cette arme dite intermédiaire pour faire face à des situations de violence. Selon l’Agence Anadolu, qui cite le texte réglementaire, la mesure vise à permettre une réponse graduée dans les réseaux de transport, dans un contexte de tensions accrues dans certaines gares et stations.

Dans le détail, le décret précise que « En vue d’accroître la maîtrise des situations à risques, de réduire le recours aux armes à feu ou le risque d’atteinte corporelle sur les tiers et les agents des services internes de sécurité de la SNCF et de la Régie autonome des transports parisiens, ces derniers peuvent être autorisés à porter un pistolet à impulsions électriques », selon le Journal officiel, cité par Le Dauphiné Libéré. Ainsi, les agents de sûreté disposent désormais d’un outil supplémentaire, présenté comme proportionné, et destiné à limiter les blessures graves. Par conséquent, l’État inscrit cette expérimentation dans une logique d’armement intermédiaire, déjà en vigueur dans d’autres forces publiques.

Une expérimentation strictement encadrée pour les agents de sûreté équipés de pistolets à impulsions électriques

Toutefois, tous les agents de sûreté ne seront pas immédiatement dotés de pistolets à impulsions électriques. D’après RTL, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a indiqué que la première vague concernera environ 10% des effectifs de la police ferroviaire, soit entre 300 et 400 agents « dans les semaines à venir ». En outre, le ministre a défendu la mesure en affirmant : « L’utilisation du taser peut être une bonne réponse, proportionnée à certains actes de violence dans les transports ». Dès lors, les agents de sûreté ciblés seront choisis selon des critères opérationnels précis.

De plus, l’expérimentation est limitée dans le temps. La durée prévue est de trois ans à compter de l’entrée en vigueur du décret, avec une évaluation à son terme. Autrement dit, les agents de sûreté engagés dans ce dispositif seront suivis et encadrés durant toute la période. Par ailleurs, le ministère de la Transition écologique et des Transports précise que le port du pistolet à impulsions électriques sera soumis à une autorisation individuelle délivrée par le préfet de département. En conséquence, chaque agent de sûreté devra suivre une formation obligatoire, puis une formation continue, avant de pouvoir être équipé.

Doctrine d’emploi et montée en puissance des agents de sûreté

Dans les faits, les agents de sûreté de la SNCF et de la RATP disposent déjà de prérogatives élargies, notamment en matière de contrôle et d’interpellation. Cependant, l’introduction des pistolets à impulsions électriques constitue un seuil supplémentaire. En effet, cette arme à létalité réduite s’inscrit entre les moyens de contrainte classiques et l’arme à feu. Selon le décret, l’objectif est explicitement de « réduire le recours aux armes à feu » et de limiter les atteintes corporelles, tant pour les usagers que pour les agents de sûreté eux-mêmes.

En parallèle, l’encadrement préfectoral renforce la dimension administrative du dispositif. Ainsi, chaque autorisation sera individuelle, et donc révocable. De surcroît, le ministère souligne que la formation constituera un pilier central du dispositif, afin de garantir un usage proportionné des pistolets à impulsions électriques. Dans cette perspective, les agents de sûreté devront démontrer leur aptitude technique et juridique avant toute dotation. Par conséquent, l’État cherche à concilier fermeté opérationnelle et contrôle strict, alors que les transports publics restent un espace sensible, soumis à des risques variés.

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