Ce samedi 14 février, la Chine a annoncé une mesure importante pour le continent africain. À partir du 1er mai, Pékin supprimera tous les droits de douane pour les importations en provenance de pays africains, à l’exception de l’Eswatini, rapporte Le Figaro. Cette décision marque un changement économique et géopolitique qui pourrait remodeler les relations commerciales sino-africaines dans les années à venir.
L’enjeu tient à l’ampleur de la mesure et à ses effets directs sur les économies africaines. Alors que 33 pays bénéficiaient déjà d’un tarif nul sur leurs échanges avec la Chine, cette nouvelle disposition inclura presque tous les partenaires diplomatiques africains de Pékin, qui sont au total 53. L’Eswatini reste exclu en raison de ses relations diplomatiques avec Taïwan, un point de friction persistant avec Pékin qui revendique Taïwan depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949.
Un geste chinois qui va plus loin
Cette initiative commerciale tombe alors que se tient le sommet annuel de l’Union africaine à Addis Abeba (Éthiopie). Les dirigeants africains y sont réunis pour discuter des défis et des opportunités du continent. La Chine, premier partenaire commercial de l’Afrique et acteur majeur du financement des grands projets d’infrastructures via l’initiative « Nouvelles Routes de la Soie », affiche clairement son intention d’intensifier ses relations économiques avec le continent en levant des barrières tarifaires importantes.
L’année dernière, Pékin avait déjà annoncé vouloir étendre la politique des droits de douane nuls à tous ses partenaires africains. Cette mesure confirme donc la volonté de la Chine non seulement de soutenir le développement économique africain, mais aussi de renforcer son influence géopolitique par des partenariats stratégiques.
Ce que ça change sur la scène géopolitique et économique
Sur le plan géopolitique, la décision de Pékin pourrait renforcer son attractivité comme partenaire privilégié pour les États africains, d’autant plus que le président américain Donald Trump avait imposé des tensions commerciales élevées dans le commerce mondial l’année passée, poussant de nombreux pays à chercher de nouvelles alliances économiques.
Sur le plan économique, le président chinois a déclaré que cette suppression des droits de douane « offrira sans aucun doute de nouvelles perspectives au développement de l’Afrique ». La mesure pourrait stimuler les exportations africaines vers le vaste marché chinois, soutenant la croissance via une hausse des échanges commerciaux.
Des relations diplomatiques plus complexes
Le fait de laisser l’Eswatini en dehors de la mesure illustre la complexité des relations diplomatiques entre Pékin, l’Afrique et Taïwan. La reconnaissance diplomatique de Taïwan par l’Eswatini empêche l’inclusion pleine de ce pays dans les avantages commerciaux offerts par la Chine, et remet en lumière la séparation politique entre Taïwan et la Chine continentale depuis 1949. Pékin affirme souhaiter une « réunification » pacifique, sans exclure l’usage de la force.








