L’armée de Terre engage un nouveau programme d’équipement dédié aux motos tout-terrain. Doté d’un budget de 4,6 millions d’euros, ce projet vise l’acquisition de modèles thermiques de 125 à 380 cm³. Objectif : améliorer la mobilité tactique, soutenir les unités spécialisées et compléter les capacités existantes dans un contexte de transformation des outils de Défense.
Un investissement stratégique pour la mobilité opérationnelle
La mobilité reste un pilier central de toute stratégie militaire moderne. Dans ce cadre, l’armée de Terre souhaite renforcer ses capacités grâce à des motos adaptées aux terrains difficiles. Selon un avis de mise en concurrence publié par la Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres (SIMMT), plusieurs lots de motos thermiques tout-terrain doivent être acquis pour un montant global avoisinant 4,6 millions d’euros.
Ce programme porte sur des véhicules légers, robustes et militarisés. D’après Zone Militaire, les cylindrées visées s’étendent de 125 à 380 cm³. Les motos devront être homologuées pour la route tout en conservant de fortes capacités en environnement dégradé. L’enjeu est clair : disposer d’engins capables d’évoluer rapidement en zones rurales, montagneuses ou forestières, tout en assurant fiabilité et endurance.
Le premier lot concentre l’enveloppe budgétaire la plus importante. Il concerne des motos de 125 cm³ destinées notamment à des unités basées dans le Maine-et-Loire et en Isère. Ces territoires accueillent des formations majeures comme le 6e Régiment du Génie ou la 27e Brigade d’Infanterie de Montagne. Selon les estimations issues des prix du marché, plusieurs centaines de motos pourraient être commandées.
Un deuxième et un troisième lots concernent des cylindrées plus puissantes, entre 245 et 380 cm³. Ces modèles seraient destinés à des unités d’élite implantées dans le sud-ouest de la France, notamment dans les Pyrénées-Atlantiques. Les motos devront répondre à des exigences accrues en matière de franchissement, de vitesse et de résistance mécanique.
Enfin, un quatrième lot prévoit l’achat de remorques homologuées pour le transport des motos. Cette composante logistique est essentielle. Elle garantit la projection rapide des engins vers les zones d’entraînement ou d’intervention.
Des motos électriques ou à moteur thermique ?
Ce choix en faveur du thermique intervient après plusieurs expérimentations autour de solutions électriques. En décembre 2023, la Section technique de l’armée de Terre (STAT) avait annoncé la fin d’une phase d’évaluation de la moto électrique LMX 161, conçue par LMX Bikes. Cette étude technico-opérationnelle visait à mesurer l’intérêt de motos silencieuses pour des missions spécifiques.
La moto testée affichait une autonomie annoncée de trois heures en mode économique. Elle proposait une puissance nominale de 3 100 watts. L’objectif était d’évaluer ses performances en reconnaissance, transmission d’informations ou infiltration discrète. L’étude d’origine évoquait la nécessité d’approfondir les essais afin de confirmer les perspectives d’usage au sein des unités.
D’autres prototypes électriques, comme le modèle Thundra présenté lors d’une journée de l’innovation à Bitche, ont également été observés. Toutefois, ces solutions n’ont pas encore convaincu les responsables du Commandement du combat du futur. L’autonomie, la capacité de recharge en zone isolée et la robustesse en conditions extrêmes demeurent des points de vigilance.
Dans ce contexte, le moteur thermique conserve des atouts majeurs. Il offre une autonomie supérieure, une maintenance maîtrisée et une logistique éprouvée. Pour des forces engagées sur des théâtres variés, ces critères restent déterminants. Les motos thermiques permettent des déploiements prolongés sans dépendance à des infrastructures électriques.
Ce programme s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation des équipements. L’armée de Terre cherche à diversifier ses moyens de projection légère. Les motos complètent les véhicules blindés, les drones et les robots terrestres déjà intégrés dans les stratégies de Défense.
La date limite de dépôt des candidatures pour ce marché a été fixée au 17 mars 2026. Les industriels intéressés devront proposer des motos conformes aux exigences techniques et opérationnelles. Ce calendrier laisse entrevoir des premières livraisons dans les prochaines années.
Avec cet investissement, l’armée confirme que la moto demeure un outil pertinent pour les missions de mobilité rapide. Loin d’être anecdotique, cet achat traduit une volonté claire : disposer de moyens souples, efficaces et adaptés aux nouveaux défis opérationnels.








