Inde : New Delhi approuve l’achat de 114 avions de combat Rafale

New Delhi franchit un cap stratégique. L’Inde vient d’approuver l’achat de 114 avions de combat Rafale, une décision majeure pour sa supériorité aérienne et pour l’industrie française. Le ministère indien de la Défense valide une étape clé d’un programme estimé à plus de 30 milliards d’euros.

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Inde : New Delhi approuve l’achat de 114 avions de combat Rafale
Inde : New Delhi approuve l’achat de 114 avions de combat Rafale © Armees.com

Le 12 février 2026, à New Delhi, l’Inde a donné son feu vert à l’acquisition de 114 avions de combat Rafale. Cette décision, validée par le ministère indien de la Défense via le Defence Acquisition Council, marque une étape structurante pour l’Inde dans sa modernisation aérienne. Cependant, le contrat définitif reste à négocier, comme l’ont rappelé plusieurs sources concordantes.

Le ministère valide 114 avions de combat Rafale

Le 12 février, l’Inde a approuvé ce que AP News qualifie d’« acceptance of necessity » accordée par le Defence Acquisition Council. Autrement dit, l’Inde reconnaît officiellement le besoin opérationnel de 114 avions de combat Rafale, mais elle doit encore finaliser les discussions contractuelles, puis obtenir l’aval du Cabinet Committee on Security. D’ailleurs, selon Le Monde, il s’agit d’« un jalon très important », comme l’a déclaré une conseillère du président Emmanuel Macron, précisant néanmoins que « les discussions (…) restent en cours ». Ainsi, l’Inde enclenche le processus, toutefois sans signature immédiate.

Sur le plan financier, l’Inde évoque un montant de 3 250 milliards de roupies, soit 30,2 milliards d’euros. En parallèle, Challenges avance un prix annoncé de 33 milliards d’euros pour l’ensemble des 114 avions de combat Rafale. De plus, Reuters mentionne un panier global de projets militaires validés à hauteur de 3,6 trillions de roupies, incluant non seulement les Rafale, mais aussi d’autres capacités. Par conséquent, l’Inde inscrit cette commande dans une enveloppe stratégique beaucoup plus large, estimée à près de 39,75 milliards de dollars, soit environ 36 à 37 milliards d’euros.

Un choix stratégique pour la supériorité aérienne

Si l’Inde se tourne à nouveau vers le Rafale, ce n’est pas un hasard. En effet, l’Inde dispose actuellement de 29 escadrons de chasse, alors que l’objectif de format reste fixé à 42 escadrons. Or, un escadron compte entre 16 et 18 avions de combat. Dès lors, l’Inde fait face à un déficit capacitaire significatif. Dans ce contexte, le ministère indien de la Défense affirme que l’acquisition des MRFA, catégorie dans laquelle s’inscrit le Rafale renforcera la capacité à mener des missions de domination aérienne sur tout le spectre des conflits. Ainsi, l’Inde vise clairement la supériorité aérienne régionale.

En outre, l’Inde n’en est pas à son premier contrat Rafale. Elle avait commandé 36 avions de combat en 2015 pour son armée de l’air, rappelle Le Monde, puis 26 Rafale supplémentaires pour la marine en 2025, avec des livraisons attendues d’ici 2030. Par conséquent, l’Inde capitalise sur un appareil déjà intégré dans son ordre de bataille. Cette continuité industrielle et opérationnelle réduit les risques techniques. De plus, Reuters précise que le même feu vert couvre également des missiles, des missiles antichars et des avions de patrouille maritime P-8I, ce qui confirme que l’Inde conduit une modernisation interarmées cohérente.

Production locale et équilibres industriels

Au-delà des performances des avions de combat, l’Inde pose une exigence industrielle claire. Selon The Indian Express, 90 des 114 Rafale seraient fabriqués en Inde, avec environ 50 % de contenu local. De surcroît, la majorité des appareils sera produite localement. L’Inde cherche ainsi à renforcer sa base industrielle et technologique de défense, dans le cadre de sa politique de souveraineté. Ce point constitue un levier central des négociations en cours.

Challenges évoque le site de Nagpur, dans le Maharashtra, déjà impliqué dans des activités industrielles liées à Dassault. Dès lors, l’Inde pourrait s’appuyer sur des infrastructures existantes pour assembler une grande partie des avions de combat Rafale. La décision intervient quelques jours avant la visite d’Emmanuel Macron en Inde, du 17 au 19 février 2026, ce qui confère à l’annonce une dimension diplomatique évidente.

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